EXPLORATION DE L'AMÉRIQUE RORÉALE.
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affluantes du Saint-Laurent, sur tous les lacs parsemés dans les vasques desroches laurentiennes. En 1640 Brébeuf contemplait le saut du Niagara etparcourait le lac Eric ; en 1660, Mesnard remontait la rivière des Outaouais ,atteignait par un détour les bords du lac Huron , traversait le saut Sainte-Marie, à l’issue du lac Supérieur , et longeait les rives méridionales de celac, le plus vaste bassin d’eau douce qui se trouve sur la Terre . Un autremissionnaire, Allouez, atteignait le « Fond du Lac », à l’extrémité occiden-tale du lac Supérieur et de la Méditerranée canadienne , et découvraitla rivière Saint-Louis , branche maîtresse de tout le système fluvial du Saint-Laurent. Allouez reconnut aussi les rivages du lac Michigan et pénétravers l’ouest dans le pays des Illinois, que le trafiquant Jolliet et le mission-naire Marquette devaient plus lard traverser dans toute sa largeur pour gagnerle « grand Fleuve » en suivant le cours de la rivière Mescousin, le Wisconsin de nos jours. C’est en 1675 que les deux compagnons se hasardèrent sur leseaux du Mississippi , dont on ignorait alors la direction et l’embouchure,malgré l’expédition faite par l’Espagnol Fernando de Solo, plus de centtrente années auparavant. Ils reconnurent le confluent du Missouri , puiscelui de l’Ohio, rivières superbes qui portaient alors d’autres noms; mais,arrivés près de la rivière Akamsa (Arkansas ), ils ne doutèrent plus que lefleuve ne s’écoulât vers le golfe du Mexique , et n’osèrent pas descendreplus avant, de peur d’être faits prisonniers par les Espagnols , en qualitéde navigateurs étrangers. I)u reste, les soldats castillans aventurés dansl’intérieur des « Florides » à la recherche de l’or avaient pénétré jusqu’àl’endroit visité par Marquette, et de là ils s’étaient laissé porter par lecourant jusqu’au golfe du Mexique .
Les missionnaires jésuites prenaient la plus grande part à la découvertedes bassins fluviaux de l’Amérique septentrionale, mais ils n’aimaient pasà voir des religieux d’un autre ordre, ni surtout de simples commerçantsou même des chefs militaires, se hasarder sur un territoire d’explorationqu’ils considéraient comme leur domaine, et l’histoire du dix-septièmesiècle au Canada est remplie de leurs dissensions avec d’autres mission-naires et les voyageurs. C’est ainsi que par des intrigues de cour etpar des obstacles de toute espèce ils tâchèrent de fermer à Cavelierde la Salle les chemins qui mènent au Mississippi ; mais le voyageurnormand, homme remarquable par l’intelligence, la fermeté, la vail-lance, la promptitude des ressources, la persévérance inlassable, enarriva pourtant à ses fins. Après trois voyages au moins dans les régionssituées au delà des lacs, après des aventures de toute espèce, guerres,alliances, naufrages, famines, assauts, retraites et maladie grave due au