EXPLORATION DF NOUVEAU MONDE.
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travers le continent. Il est peu de cartes du dix-huitième siècle qui ne repré-sentent les régions boréales de l'Amérique comme traversées d’un réseau degrandes rivières et de mers intérieures liant l’un à l’autre les deux Océans.Kncore en 1780 Meares cherchait à démontrer l’existence d’un « passagedu Nord-Ouest » entre la haie de* Hudson et le détroit de Bering par leslacs Winnipeg , Athabasca , des Esclaves, cl par une « rivière où se trouventles chutes les plus considérables qu’il y ait dans le monde connu 1 ».
Dans le continent du sud, l’exploration de l’intérieur, qui succéda à lacomplète des plateaux et des régions littorales, se lit de la même manièreque dans le continent du nord, par les traitants et les missionnaires; mais,sur le versant oriental des Andes équatoriales, le contraste brusque duclimat et du sol des plaines avec ceux des montagnes, les Ibrèts impéné-trables, les grands fleuves, les marais insalubres et les populations juste-ment hostiles ont pendant longtemps empêché l’exploration des régionsbasses qui occupent précisément la partie médiane de l'Amérique du Sud ,et quand Orellana eut accompli, en 1540, son mémorable voyage de des-cente sur le Ileuve des Amazones, deux siècles se passèrent, avant qued’autres vinssent nouer de nouveaux itinéraires au sien. Dans la zonetempérée, où les obstacles de toute nature étaient beaucoup moindres,les voyageurs pénétrèrent, fort avant dans les terres. Les Paulistas ou Bré-siliens de Sâo-Paulo , appelés communément mamehicus, firent de nom-breuses expéditions vers l’ouest dans le bassin du Paranà, soit pour trafi-quer, soit plus fréquemment pour recruter des esclaves, et l’on sait que,de leur côté, les missionnaires jésuites, défenseurs des indigènes contre lesPaulistas, mais au profit de leur propre domination, s’établirent au Para guay , au milieu de la population docile des Guarani, et réussirent dansleur entreprise de fonder un empire purement théocratique, où la vie toutentière était réglée, au son de la cloche, par les oraisons et les cérémoniesreligieuses. C’est principalement dans le territoire des Missions que vova-gea le naturaliste espagnol Félix de Azara à la fin du siècle dernier. A lamême époque, Alexandre de Ilumboldl et Amédée de Bonpland obtenaientdu gouvernement espagnol la levée de l’interdit qui pesait sur la visite detout étranger dans l’immense territoire, et de 1 799 à 1804 ils purent ac-complir dans les régions équinoxiales celte exploration qui fut, pour ainsidire, une nouvelle découverte du monde colombien et qui donna une sivive impulsion à l’esprit de recherche et à l’étude de la nature. Aprèseux, Auguste de Saint-Hilaire , Spix et Martius, d’Orbigny, Darwin, de Cas-
1 Voyages du capitaine Meares, traduits par Billecocq. an lit de la Répuliliipie.
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