NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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Avant que la géologie de l’Amérique lût partiellement connue, on sedemandait si le « Nouveau » Monde était aussi par sa formation plus mo-derne que l’Ancien. Bien au contraire, de toutes les masses continentales,c’est l'Amérique du Nord qui, sous sa forme actuelle, paraît être la plusancienne : dès la fin de la période crétacée, elle se montre à peu près avecles contours qu'elle possède aujourd’hui'. Toute la partie nord-orientaledu continent, à l’est de la chaîne des grands lacs, et en y comprenant l'en-semble des archipels polaires, consiste en formations cristallines ou sédi-menlaires azoïques ou paléozoïques de la plus haute ' ^ ' \ La saillie ex-térieure de montagnes qui borde le Labrador, et qui se continue au nord etau nord-ouest, se compose principalement de gneiss et d’autres roches trèsanciennes, présentant leur face abrupte du coté de la mer et leur contre-pente doucement inclinée vers l’intérieur des terres. A l’ouest, s’étend unvaste plateau de roches présiluriennes, auquel Suess a donné le nom de« bouclier canadien », à cause de sa forme bombée; des érosions l’ontdénudé presque entièrement de ses couches de revêtement paléozoïques, etla haie de Hudson tout entière a été creusée à une faible profondeur danssa partie superficielle.
Les continents américains n’offrent point d’autres régions dont la formeet le relief se soient maintenus sur de vastes étendues pendant la sériedes temps géologiques. En comparaison du « bouclier » canadien , lesparties les plus anciennes de l'Amérique méridionale sont de récente ori-gine. 11 est certain que des changements considérables ont eu lieu dans lescontours extérieurs de la masse continentale, et notamment dans les isthmeset les traînées d’îles qui rattachent l’une à l’autre les deux Amériques.Bien qu’on ne puisse étudier directement la surface des terres maintenantenglouties par la mer, l’histoire naturelle des îles permet de reconnaîtreen maints endroits la continuité primitive. Ainsi la répartition des espècesde mollusques dans les Antilles démontre que l’Amérique centrale et leMexique s’unissaient autrefois aux îlesBahama par les grandes îles de Cuba et d’IIaïti. D’autre part, les îles des rangées méridionales appartenaient au-trefois, les unes à la Côte Ferme du Venezuela, les autres à la Guyane 5 . Demême, la diversité des faunes dans la mer des Caraïbes et dans l’océan Pacifique , séparés pourtant par la barrière fort étroite des isthmes, prouveque les deux moitiés du Nouveau Monde sont depuis très longtemps uneterre continue. Sur les 1500 espèces de coquillages marins qui appartien-