NorYKLLE GÉOGRAPHIE l'M VERSE L LE.
Même au point do vue matériel, les changements ont été considérables,aussi bien dans le Nouveau que dans l’Ancien .Monde, depuis l’année 1-492.Déboisements et plantations, constructions de villes et de chemins ontchangé l’aspect du sol, et de l’un à l’autre rivage océanique les espècesde plantes et d’animaux ont émigré, l'our les lbrmes animales, c’est le•Troupe des terres ”” • et d’Asie qui a le plus donné au monde nou-
veau; l'Amérique n’a enrichi les Termes d'Europe que d’un seul animaldomestique, le dindon, tandis qu’elle a reçu en échange toutes les espècesde l'Ancien Monde associées à l’homme, moins l’éléphant et le chameau;en outre, les représentants de la faune sauvage, oiseaux des bois, pois-sons de mer, de rivières et de lacs, insectes de tous genres, ont étéintroduits volontairement ou non d’nn continent dans l’autre. Quant auxplantes sauvages, importées par mégarde avec les denrées agricoles ou lesballots de marchandises, elles ne cessent leur mouvement de migration, et,si la plupart succombent dans leur nouveau milieu, un certain nombrerésistent et finissent même par exterminer autour d’elles les plantes indi-gènes. De même que pour les animaux, c’est l’Ancien Monde qui, dans lemouvement d’échange des espèces végétales, a été le plus généreux ; euro-péanisée par ses habitants, l’Amérique l’a été aussi en grande partie par sallore. Si en Europe les remblais des voies ferrées se recouvrent de1 ’eriynvn canadien, et si maint canal, en Allemagne , en Angleterre, enFrance , est obstrué par la « peste des eaux » (anacharix ahinaxtrum), lesrégions platéenncs ont été envahies par le chardon d’Europe , et le trèfle,ravissant le sol aux plantes américaines, recouvre une moitié du continentseptentrional, des bords du golfe du Mexique aux montagnes Rocheuses; legrand plantain, auquel sa feuille a valu le nom de « pied de l’hommeblanc », horde maintenant les sentiers frayés dans la prairie par le Peau-Rouge. Toutes les espèces cultivées, sauf de rares exceptions, provenant duclimat ou des habitudes locales, sont devenues communes aux deuxmondes. L’Amérique a tous les fruits d’Europe , et la plupart en plusgrande abondance; le cafîer d’Arabie, la canne à sucre de l’Inde v pro-duisent plus que dans l’Ancien Monde. C’est la flore américaine qui nous adonné le maïs, elle aussi qui a fourni l’espèce de tabac la plus répandue etqui, par la pomme de terre, a rendu cultivables en Europe des régions jadisdésertes et contribué ainsi à l’accroissement des populations; enfin, parmitant d’autres plantes médicinales, elle a livré le cinchona aux planteursdes colonies tropicales de l’Ancien Monde, et si le phylloxéra « dévastateur »nous est venu d’Amérique , c’est de là aussi que nous sont envoyés lesplants par lesquels on reconstitue les vignobles européens .