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Dos changements analogues à ceux qui se son! accomplis pour la llorc etla faune on! eu lieu pour les populations de l’Amérique : elles aussi ont étéviolemment déplacées, et même, en de nombreuses régions, exterminéespar des immigrants de l’Ancien Monde. Mais il n’y a point eu de récipro-cité : les indigènes américains n’ont pas envoyé de colonies de l’autre cotéde l'Océan : c’est dans leur patrie qu’ils ont subi l’assaut des étrangersplus forts, et qu’ils ont péri dans la lutte, ou se sont accommodés au milieunouveau que leur a fait la conquête. On sait que parmi les tribus améri-caines un grand nombre ont succombé : l’arrivée de Colomb sur le sol duNouveau Monde, cet événement qui, au point de vue de l’histoire générale,paraît être le fait glorieux par excellence, fut pour les habitants des Antilles le signal de la disparition en masse. Pourchassés par les dogues, puis bap-tisés de force et devenus ainsi les « frères spirituels » des Espagnols , maiscondamnés en même temps à tous les durs travaux, corvées d’approvi-sionnement exploitation des mines, culture des plantations, attachés àla glèbe et répartis par troupeaux entre les conquérants, enfin soumis àl’Inquisition , les malheureux no furent bientôt qu’une horde d’esclaves :Espanola, Cuba , où les indigènes se pressaient par centaines de milliers,furent transformées en solitudes; on vit des tribus entières renoncer àtoute civilisation, se réfugier dans les forêts et revivre de la vie bestialedes ancêtres ; on en vil d’autres se suicider pour échapper à l’atrocedomination de l’étranger'. Maintenant on discute pour savoir s’il existeencore en quelques îles ou sur le continent de faibles restes métissés del’ancienne population insulaire. Cependant elle a légué à la langue espa-gnole, et, par son intermédiaire, à tous les langages de l’Europe, un grandnombre de termes usuels qui perpétuent à jamais sa mémoire.
Les crimes des Antilles se renouvelèrent en maintes contrées de l’Améri-que du Nord et du Sud. On sait combien peu coûtait le sang humain auxCortez et aux Pizarro : c’est par centaines de mille que se liront les meur-tres; maint district fut complètement dépeuplé. Et ce ne sont pas les Espa-gnols seuls qui se livrèrent à ces égorgements : tous les conquérants, à quel-que race qu’ils appartinssent, ont pris part à ces boucheries. Ceux qui ontversé le moins de sang, les Portugais par exemple, le doivent non à leuresprit de bienveillance et-d’équité, dont ils n’ont d’ailleurs point fait preuvedans les Indes orientales, mais à leur établissement dans un pays où ilsne trouvaient devant eux que des tribus errantes, fuyant au loin dans lesforêts. Là où le massacre n’eut pas lieu, le refoulement graduel s’ac-
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