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journées de marche sur les glaces, à travers des crevasses et des rivièressuperficielles fort dangereuses. En 1N85, Nordenskiôld poussa plus avantet ses guides lapons pénétrèrent beaucoup plus loin, précisément au milieudu continent groenlandais, à 1947 mètres d’altitude: l’espace franchi fut de459 kilomètres en 57 heures. En 1878, Jensen et deux compagnons, partisdu meme point de la côte que Dalager, avaient déjà parcouru le glacierpendant onze jours pour atteindre un mmulak ou rocher, au pied duquelun ouragan les avait forcés de se blottir pendant une semaine, et de cenunatak, liant de 1557 mètres, ils avaient pu contempler au loin versl'est la nappe interminable des glaces. Enfin, en 1888, la traversée duGroenland d’une côte à l’autre a été menée à bonne fin par le Danois Han-sen. Les difficultés de ce hardi voyage furent telles, que l’explorateur neput suivre le plan tracé d’avance. N’ayant même pas réussi à débarquer surla terre ferme, il avait dû aborder sur une banquise de la côte orien-tale, qu’il croyait sillonnée de crevasses faciles à traverser; mais le champde glace se composait de fragments que la mer entraînait au large, et lapetite caravane échappa très péniblement au courant qui la portait ensens inverse du but cherché. Ce voyage à travers le radeau bottant et briséne dura pas moins de douze jours, et l'atterrissage ne se lit qu’à plus dequatre cents kilomètres au sud de l’endroit visé d’abord : il leur fallut re-monter d’autant le long du littoral. De même, à l’intérieur, l'itinéraire dutêtre changé. Glissant sur leurs patins à neige et tirant ou poussant leurstraîneaux, qu’ils munissaient de voiles en temps favorable, les voyageurstraversaient le glacier dans la direction du nord-ouest vers Kristiaanshaab,lorsqu’une tempête de neige vint les assaillir et les obliger à changer deroute. Pour ne plus avoir à combattre lèvent, ils marchèrent vers l’ouestet gravirent peu à peu le plateau jusqu’à l’altitude d’environ 5000 mètres,campant dans les cavités de la glace. C’était alors la saison d’été; néan-moins la température oscillait de — 40 à — 50 degrés, et malgré ceshorribles froids, souvent aggravés par la tempête, la petite troupe descen-dit enfin, le quarante-sixième jour, au fjord d’Ameralik, non loin deGodthaab . On comprend ce que coûtera d’efforts l’exploration complète d’unpays où le premier itinéraire suivi de rive à rive n’a pu être tracé qu’au prixde telles fatigues !
Ouoique ses contours soient maintenant connus presque en entieret que la côte ignorée, à l’angle nord-oriental de la grande île, n’at-teigne pas mille kilomètres de longueur, il est impossible d'indiquerla superficie du Groenland , si ce n’est avec un écart probable d’aumoins plusieurs dizaines de mille kilomètres carrés. En effet, la con-