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Livre XV. Amérique boréale.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

lie (le l’excédent annuel d’humidité tombée sons forme de pluies ou deneiges : c’est aussi par les fragments de glace écroulés dans la mer quel’eau du ciel retourne à l’Océan.

Le lieu d’origine des « montagnes »ou « cathédrales de glace »' qui des-cendent vers l'Atlantique et mettent les navires en péril, est la côte occiden-tale de. la « Terre Verte » comprise entre le 08° 50' et le 75'’ degré delatitude. Le glacier producteur le mieux étudié, en été comme en hiver etpendant plusieurs années, est celui de .lakobshavn, se déversant dans lahaie de Disko entre deux hauts promontoires qui le rétrécissent au passage.Plus puissant encore est le glacier de Torsukatak, dont le front présente uneparoi de près de 9 kilomètres et qui lance ses débris dans le détroit deWaigal, au nord de la baie de Disko. Puis d’autres courants de glace sesuccèdent dans les fjords qui découpent le littoral, par delà la presqu’île deNoursoak; le golfe d’Upernivik reçoit un autre glacier, divisé à son embou-chure en plusieurs bras par de hauts îlots : on dirait une cataracte forméede plusieurs nappes que séparent des piliers rocheux. Plus au nord, lesglaciers sont peu connus. On en voit déborder entre la plupart, des caps,mais les navigateurs ne les décrivent point comme donnant origine à degrandes montagnes de glace. Même l’immense glacier de llumboldl, quidéveloppe, en une courbe concave d’environ 110 kilomètres, sa falaiseblanche de 90 mètres de hauteur au-dessus des profondeurs insondées dubassin de Kane, ne peut se comparer aux fleuves glacés du Groenland danois pour le nombre et la puissance des masses écroulées 5 .

La plupart des glaciers qui viennent baigner dans la mer sur le pourtourdu Groenland offrent un front assez régulier, ne laissant tonifier dans l’eauque de minces fragments, détachés à chaque vague et s’éloignant en longsconvois avec le courant. Les fleuves de glace d’où s’abattent ces énormestranches, de telles dimensions qu’on leur a donné le nom de « montagnes »,sont relativement peu nombreux, la coïncidence de plusieurs conditionsdans la puissance des glaces, la forme du lit d’écoulement et la profondeurde la mer étant nécessaires pour que le phénomène puisse se produire en degrandioses proportions : ils proviennent pour la plupart de cette remar-quable brèche qui se présente dans la formation normale de la cote duGroenland , entre Egedesminde et le cap Noir ou Svarte Iluk. Rink ne comptequ’une trentaine de glaciers grocnlandais d’où s’écroulent réellement desmonts de glace, et de ce nombre il en est six ou huit seulement, dont cinq

1 Rabot , Bulletin <le la Société. Languedocienne de Géographie, I" trimestre 18SÜ.

* E. K. Kane. Arclic Explorations.