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Livre XV. Amérique boréale.
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NOUVELLE G É O G K AI' Il IE UNIVERSELLE.

cl tourbillonne pour trouver son centre de gravité au milieu de vaguesénormes qui refluent sous le choc et. reviennent à l’assaut. Après avoirété comme perdu lui-même dans le tumulte et le chaos, le spectateur voitque le glacier a reculé en apparence de quelques kilomètres vers le fondde la haie, et au milieu de la rade, unie quelques instants auparavant, sedresse un pic de cristal qui s’éloigne lentement avec le Ilot, (l’est le blocdétaché du glacier, mais il est rare qu’on puisse en reconnaître la l'ormeprimitive, car de beaucoup la plus l'orle part, au moins les six septièmesdu volume, plongent dans l’eau : dans le fjord de Jakobshavn, Hollanda vu plusieurs îles de glace s’élevant de 90 mètres au-dessus de la surfacemarine; un bloc même émergeait de J"24 mètres et chacun de ses côtésavait plusieurs kilomètres de longueur; toutefois ces fragments gigantesquessont trop grands [tour franchir le seuil à l’entrée du fjord : ils échouentsur la barre et se brisent en morceaux, énormes encore, mais bien dimi-nués'. Le plus haut bloc que Aares ait mesuré dans les mers du large avaitprès de 76 mètres d’élévation; dans le canal du Danemark , à l’est duGroenland , Garde n’en a pas vu un seul qui dépassât 60 mètres : des cen-taines de millions, des milliards de mètres cubes, telle est la contenancede ces blocs prodigieux 1 2 3 . Un comprend combien est dangereux pour unnavire le voisinage d’un de ces glaciers qui « vêlent » ou « enfantent »soudain des monts déglacé. La rupture de la masse trouble brusquementles eaux, les fait bouillonner en vagues qui se heurtent et s’entrecroisent,et change en maints endroits le niveau marin de plusieurs mètres. Desremous, des courants se forment tout à coup, des rapides, comme ceuxd’un lleuve, se précipitent avec fureur dans les étroits du fjord, entraînantles débris tournoyants des glaces, et le bâtiment risque fort d'être écrasédans ce convoi de blocs en dérive.

Pendant la période géologique actuelle, certains glaciers sont en voie derecul; d’autres, tels que le Sermitsialik, ont avancé, même de plusieurskilomètres 5 ; mais, dans l’ensemble, on ne saurait dire s’il y a progrès ouretrait des glaces. Comparativement à uni* époque géologique antérieure,la vue des côtes, notamment dans les régions habitées du Groenland ,témoigne d’un recul des glaciers actuels. La partie du littoral découverte denos jours fut jadis revêtue de glaces comme l’est maintenant l’intérieur dupays, et les péninsules, les îles riveraines furent unies à la terre ferme parle couvercle continu des glaciers. Les blocs erratiques, le poli des rochers

1 Meiltlelelscr om Grünlnnd, vol. IV. 1885.

2 Frobisher, Ross, Pan y, Rayes, Kane, Greely. NordenskioLl, etc.

3 Rayes, ouvrage cité.