ANCIENNES PLAGES EXHAUSSÉES.
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témoignent de col ancien état de choses. En certains endroits, on voit au-devant du ninr glacé des sillons de terre qui ont été redressés commeparle soc d’une charrue; ailleurs on constate l'existence de creux que lapression îles glaces a graduellement excavés et dont quelques-uns sont em-plis d’eau douce. Depuis le recul des glaciers qui n’atteignent plus la mer,des nappes de sahle et de houe se sont formées dans le lit abandonné, s’é-tendant en plaines unies qui rétrécissent la surface des fjords. A l'entréemaritime des haies, un pont sous-marin de débris, un skargard ou « jar-din d'ilots et de récifs », marque la limite entre la haute mer et les eauxintérieures: c’est une moraine frontale du glacier qui emplissait jadis toutle fjord et qui s’est peu à peu retiré par suite de la fusion. Le glacier deJakobshavn comblait ainsi toute la baie de Disko; celui de Torsukataks’épanchait en dehors de la haie de Waigat et rejetait des hlocs de gneiss,apportés des montagnes, sur les berges basaltiques de son lit. Le Groenland vient donc de traverser une période de réchauffement, puisque ses glaciersont diminué d’étendue, et que les fjords, autrefois remplis d’eau congelée,sont devenus des haies marines.
La plupart des géologues croient en outre que des changements de niveauconsidérables ont eu lieu sur le pourtour du Groenland dans les eaux ou lesrivages. On cite en exemple de ce phénomène les hautes plages tracées jadispar les eaux à des altitudes diverses au-dessus du niveau actuel de la mer :Ifammeret Steenstrup en signalent qui se trouvent à 145 mètres de hauteur;ils ont aussi découvert à 58 mètres des bancs de coquillages marins apparte-nant à la faune actuelle. Cependant ces terrasses et ces dépôts ne fournissentpas d’une manière absolue la preuve que la mer s’élevait naguère jusqu’à ceniveau ou que la terre s’est exhaussée depuis de la même hauteur. L’an-cienne extension des glaces peut expliquer la formation de ces terrassesà différentes élévations au-dessus de la ligne normale des mers. En effet, dèsqu’un glacier s’avance dans les baies de manière à fermer l’entrée d’unIjord latéral, la nappe d’eau dont la communication avec la mer se trouveinterrompue, est transformée en un lac, qui relève graduellement sonniveau, et la masse liquide, alimentée par les torrents tributaires, huit partrouver un seuil ou une crevasse permettant à l’eau surabondante des’épancher dans la mer. Des lacs se forment ainsi à droite et à gauche desglaciers, affleurant à diverses altitudes et sculptant sur les roches de leursbassins des plages régulières semblables à celles qui bordent la mer. Maisque la muraille de glace qui ferma jadis l’entrée du fjord vienne à céder,le lac se vide, laissant sur les flancs de la montagne les marques de sonlong séjour. Sur les côtes du Groenland il existe par centaines de ces lacs