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Livre XV. Amérique boréale.
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>' U U Y E L L K GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Si, pendant les âges éloignés, le Groenland eut sa période glaciaire, lesrestes fossiles conservés dans ses assises prouvent qu'il eut aussi sa périodechaude et tempérée. Les plus anciennes couches sédimentaires où l’onait recueilli des fossiles carbonifères, triashpies, jurassiques, offrent destypes d’organismes comparables à ceux que l’on voit actuellement dans lazone torride. Les strates crétacées supérieures, extrêmement riches enformes végétales, analogues à celles de zones subtropicales et tempérées,avaient été déjà reconnues par Giesecke au commencement du siècle; ellesont fourni à Mordenskiôld une llore très remarquable, surtout par la pre-mière apparition de plantes dicotylédones, représentées par de nombreusesfamilles descycadées, une fougère arborescente, même l’arbre à pain ; la tem-pérature moyenne devait être alors de "20 degrés centigrades. hnlin,la lloremiocène du Groenland , dont la physionomie générale répond à un climatplus tempéré, d’environ 12 degrés en moyenne 1 , est connue par de magni-fiques trouvailles, faites surtout dans l’ile Ilisko et dans les péninsules envi-ronnantes. Toute une forêt fossile est enfouie dans un banc ferrugineux dela montagne d’Atanekerdluk, sommet qui s’élève à 525 mètres en face deDisko, et que des glaciers entourent de toutes parts. àMiymper, puis d’au-tres voyageurs, parmi lesquels Mordenskiôld, ont retiré de. ces gisements10!) espèces de plantes, dont les (rois quarts environ étaient des arbustesou des arbres, quelques-uns avec des fûts de la grosseur d’un homme; entout on a découvert dans les couches du Groenland 015 espèces de plantesfossiles 2 . L’arbre le plus commun était un séquoia, très ressemblant auxgéants orégoniens de l’époque actuelle; à côté de ce conifère croissaient deshêtres, des chênes et des chênes-verts, des ormeaux, des noisetiers, desnoyers, des magnolias, des lauriers; la vigne, le lierre, la salsepareille en-roulaient leurs guirlandes autour des arbres de la forêt vierge. Lue feuillede cycadée, trouvée parmi ces débris fossiles, est la plus grande que 1 onait encore signalée; un vrai palmier, flabellaria, a été reconnu dans lesrestes des anciennes forêts polaires. Pour développer cette flore, le climatdu Groenland septentrional devait être alors analogue à celui dont jouissentactuellement les bords du lac de Genève, à 24 degrés plus près de laligne équinoxiale; en suivant la même gradation de température, on doitadmettre que les régions émergées du pôle avaient a celle epoque leursforêts de trembles et de conifères. D’après Oswald lleer, 1 écart du climatentre ces temps et la période actuelle atteint 15 à 10 degrés centigrades

1 Oswnlil lieer ; — E. von Nordenskiold, ouvrage cité.

- Jolmslrup, Meddelelser von Grônlund, vol. Y, 1880.