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Livre XV. Amérique boréale.
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Jl'LIAA’AIIAAB, FREDERIKSJIAAR.

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sont plus, comme les Eskimaux vus par Graali sur la côte orientale, et ilonton parlait autreluis comme de cannibales, « les plus doux, les plus hon-nêtes et les plus vertueux des hommes » ; toutefois leur langue ne possèdepas un juron, pas un seul mot d’insulte.

La partie du Groenland où Erik le Kouge bâtit sa maison forte et où lesbannis vinrent se grouper autour de lui est encore une des régions lesmoins désertes de File; c’est aussi la plus fertile, la moins âpre de climat.Julianahaab, la capitale de ce district, habité par le quart de la populationgrocnlaudaise, groupe ses cabanes au bord d’une petite rivière dans unevallée herbeuse et près d’un fjord profond; cependant il est très rare quedes navires puissent y pénétrer directement de la liante mer. Les traînéesde glaçons qui passent au-devant de l’entrée, poussées par le rellux ducourant polaire, empêchent la navigation : c’est par un long détour vers lenord, en empruntant le chenal côtier, qu’ils peuvent gagner leur mouillagedevant Julianahaab. Les ruines normandes ou autres sont nombreusesdans les environs : on en compte une centaine. A l’extrémité même dufjord au bord duquel est situé le chef-lieu se voient les restes des construc-tions attribuées au premier conquérant ; il existe aussi quelques débrisd’édifices dans l’ilot terminal du Groenland , celui du cap Earexvell, maisactuellement le groupe d’habitations le plus méridional est une station desmissionnaires moraves, Frederiksdal, le point d’arrivée des émigrantseskimaux de la côte orientale. En cet endroit, le champ des glaces inté-rieures, rétréci entre deux montagnes, a seulement quelques kilomètresde largeur ; il est facile de passer de l’un à l’autre versant, et des oursblancs utilisent parfois ce passage 1 .

Le district de Erederikshaab, qui succède à celui de Julianahaab dans ladirection du nord, a pour limite les langues du glacier qui remplittout l’intérieur du Groenland : au sud, des glaces atteignent la mer prèsdes âpres montagnes insulaires du cap Désolation; au nord, se montre lepuissant isblitik de Erederikshaab, et les marins qui passent au largeen voient le rellet blanchâtre éclairer le ciel. Le village qui a donné sonnom au district possède un excellent port, abrité par des îles, maisentouré de rochers et de marécages. I/étahlissement le plus importantde la côte est celui d’Ivigtut ou Ivigtok, devenu fameux par ses gisementsde cryolithe, uniques au monde. Ce minéral, de couleur blanchâtre, ■—

1 II. Rink, Petevmaim's Milleilumjen , 18811, lleft V.

xv.

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