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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

succèdent d’autres étroits des terres, pour se terminer par le mince pédon-cule de Panama et de Darien , qui se recourbe entre les deux mers et va segreffer à la lourde masse de l’Amérique du Sud .

La chaîne orientale des îles américaines, Baliama et Petites-Antilles ,forme un cordon de 5000 kilomètres en longueur, qui se développe dunord-ouest au sud-est, suivant une courbe serpentine à peu près parallèle àcelle du Mexique et de l’Amérique Centrale . Cette longue digue extérieure,composée de terres d’origine différente, au nord les îles coralligènes desBahama, au sud les pitons émergés de la rangée volcanique des Petites-Antilles , sépare de l’Océan la grande méditerranée du Nouveau Monde,d’ailleurs peu semblable de forme à celle de l'Ancien Monde, mais diviséecomme elle en vastes bassins secondaires. Le premier bassin, dont l’im-mense ovale s’arrondit de la péninsule de Floride à celle du A’ucatan, estlimité au sud par la longue île de Cuba et ne communique avec les autresmers que par deux passages d’une largeur moyenne de 200 kilomètres. Lebassin méridional, dit spécialement mer des Antilles ou mer des Caraïbes (WAr Caribe), est de forme moins régulière que le bassin du nord; offrantune large étendue libre, de la chaîne des Petites-Antilles aux côtes de laMosquitie, il est coupé au nord-ouest par deux seuils presque entièrementsous-marins, mais signalés pourtant par des bancs de sable et des récifs.Fn des seuils est celui qui porte au-dessus de la surface marine le chaînondes Caïman; l’autre réunit par la Jamaïque la péninsule haïtienne de Tibu-ron et le cap Gracias à Bios . Ainsi, trois barrages transversaux, que l’onpourrait appeler seuils de Cuba, de Caïman et de la Jamaïque , rattachentles Antilles à l’Amérique Centrale , et ces trois seuils commencent à lachaîne des îles qui se recourbe en arc de Grenade et des Grenadines àPuerto-Bico : on dirait les branches d’un tronc commun.

Tous ces alignements d’iles et de péninsules, qui se relient suivant descourbes diverses entre les deux continents du nord et du sud, témoignentde forces cosmiques ayant agi sur de vastes étendues de l’écorce terrestre;toutefois la disposition des terres suivant les lignes de grands cercles neprouve nullement qu’il y ait eu continuité des fonds émergés et que lesbarrages interrompus soient des isthmes anciens jetés de continent à con-tinent. Au contraire, de nombreux indices tirés de la distribution desespèces végétales et animales autorisent les naturalistes à dire que tellesou telles îles voisines l'une de l’autre n’ont pourtant jamais été unies pon-dant les âges géologiques '. La proximité des terres n’indique pas une

Morelet. Voyage dans l'Amérique Centrale : — Alex. Agassiz, Three Cruiscs of ihe Blake.