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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
du pape Alexandre VI, qui partageait entre Castillans et Portugais les terresdécouvertes et à découvrir, tous ces blancs devaient être sujets espagnols,l/immense amphithéâtre continental qui se déroule autour de la doublemédilerranée américaine et les îles qui s’y alignent en multiples rangéescommencèrent en effet par appartenir à l'Espagne ; mais l’unité politiquede ces territoires si divers était purement officielle : en mainte contrée,les eonqukludore .s ne firent même pas leur apparition et jusqu'il nos joursdes îles et des territoires qui furent censés être leur domaine sont restésen dehors du chemin des voyageurs.
D’ailleurs, les Espagnols ne surent pas garder la possession politique detoutes les régions découvertes par leurs ancêtres. Ees richesses qu’appor-tèrent en Europe les premiers conquérants, et dont la légende grossissaitla valeur au centuple, ne pouvaient manquer d’allumer la convoitise desaventuriers d’autres nations, et soit avec l’assentiment de leurs souverainsrespectifs, qui les avaient munis de lettres de marque, soit comme simplespirates ne relevant de personne, des audacieux s’élancèrent en foule sur lesmers pour capturer les navires des Espagnols, dévaster les plantationsdes Antilles ou même s’en emparer après avoir massacré les anciens pro-priétaires. Quelques-uns des navigateurs fameux du seizième et du dix-septième siècle dans les mers des Antilles étaient de simples écumeurs demer : des îles, comme celle de la Tortue, près de l’angle nord-occidentald’Haïti , devinrent le domaine incontesté des boucaniers, ainsi nommés dela « boucane » qui s’élevait de leurs campements et parfois les signalait deloin aux navires de passage. A l’exception du Portugal , qui possédait undomaine déjà si vaste au Brésil et dans les Indes Orientales, chaque puis-sance européenne voulut avoir sa part du monde anlilien, soit par conquête,soit par convention ou par achat.
l/Espagne n’a conservé jusqu’à nos jours que deux îles de ses premièrespossessions américaines : Cuba, qui est, il est vrai, la « perle des Antilles ».et Puerlo-Bico ; même elle a été souvent menacée de perdre ces deuxcolonies par l’insurrection ou par la guerre étrangère. Toutes ses autresterres du Nouveau Monde lui ont été enlevées. D’abord des puissanceseuropéennes se substituèrent à elle comme dominatrices de l’une ou l’autreAnlillc. L’Angleterre, nation d’hérétiques pour lesquelles la bulle de par-tage n’avait point de valeur, est devenue propriétaire d’une grande île,la Jamaïque, des Bahama, des Bermudes et de plusieurs des Petites-Antilles ; elle s’est même approprié, contrairement à la lettre et à l’espritdes traités, un petit domaine plus fictif que réel, une sorte de pied-à-terre sur le continent américain , appartenant à la côte orientale du Yuca-