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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
document digne de foi et se trouve en désaccord avec les faits obser-vés depuis cette époque sur toute la surface de la Terre , affirme quele Jorullo sc serait dressé soudain pendant une nuit : la veille on n’auraitvu qu'une campagne où le vent balançait les tiges des cannes à sucre etdes indigotiers ; le lendemain matin, six grands cônes, dont l’un, dominantde plus de 500 mètres, —572 mètres d’après Burkarl, —la plaine envi-ronnante, se seraient montrés aux paysans réfugiés au loin sur les collines.La contrée tout entière aurait été bossuée, soulevée par les matières enfusion, et les roches amollies, percées au centre d’un entonnoir, se seraientexhaussées au-dessus de leur ancien niveau pour former le piton que l’onvoit aujourd’hui. Cette hypothèse d’une poussée ascensionnelle du sol pri-mitif n’est pas moins erronée que ne l’était celle des indigènes relative-ment à quelque vengeance des moines : des capucins, disent-ils, n’avaient,pas été reçus avec assez d’honneurs par les propriétaires de la hacienda,et, en quittant la plaine verdoyante, ils auraient ordonné aux flammesde la dévorer. C’est à des éruptions successives de cendres et de laves qu’ilfaut attribuer la formation du Jorullo, comme celle de tous les autresvolcans \
Depuis 1860, le mont se repose ou du moins n’a que de légères tré-pidations. Du cratère, large ouverture d’environ 2 kilomètres de tour etde 200 mètres de profondeur, ne sortent plus que de faibles vapeurs, pres-que toujours invisibles et ne se condensant en nuelles qu’avant les pluies.Les pentes du mont se sont en partie couvertes de forets où les arbresde la zone tropicale se mêlent aux espèces de la zone tempérée, et les hor-nitos ou «fournillons » de la base, innombrables cônes adventices de quel-ques mètres en hauteur, d’où s’élançaient des jets de vapeurs, se sontaffaissés pour la plupart ; au temps de Ilumboldt, leur température était de06 degrés; graduellement abaissée, elle varie actuellement de 50 à 60 de-grés. Le rio San-Pedro et un autre ruisseau, dont les eaux s’étaient vapo-risées lors de l’éruption et qui, recouverts par un lit de lave, rejaillissaienten sources chaudes à plusieurs kilomètres du volcan, ont perdu leur cha-leur : dans les vingt-quatre années qui s’écoulèrent entre le voyage deIlumboldt et celui de Burkart, la diminution de température dépassa22 degrés centigrades.
Les volcans de Colima , de Tancilaro, de Jorullo, et, beaucoup plus àl’est, la montagne apaisée delasco, également au nord du rio Mexcala, sontdisposés suivant un alignement parallèle à l’axe de la Sierra Madré, qui se
1 II. de Saussure, Bulletin de la Société Yaudoise des Sciences naturelles, vol. VI, 1850; —Poulett Scrope. Yolcanoes.