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Livre XVII. Indes occidentales.
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MONTAGNES ET PLATEAUX DU MEXIQUE .

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11 résulte de la disposition " ue des massifs épars sur le plateauqu’il est presque partout facile de les tourner sans avoir à les franchir.C’est ainsi que des voies naturelles, suivies par les migrateurs et les con-quérants, contournent la Malinche , le I’opocatepell, et serpentent autourdes massifs de Hidalgo, de Oueretaro, de (luanajuato. D’autre part, les ver-sants du plateau sont en maints endroits très difticiles à escalader et sur-tout à contourner horizontalement, à cause des harranques profondes creu-sées parallèlement sur les pentes des montagnes. Dans les régions où lesterrains sont composés de [lierres ponces et de cendres légères, les eauxd’érosion ont creusé des sillons énormes ayant des centaines de mètres enprofondeur et se réunissant en des ravines plus larges avant de se confondreavec le niveau des plaines. Les harranques des sierras de Tepie, celles duvolcan de Colima, de l’Orizaba et des montagnes voisines sont les plusconnues de ces gorges d’érosion. Parfois il ne faut pas moins d’une journéeentière pour atteindre un village qu’on apercevait au départ sur une ter-rasse rapprochée, à quelques kilomètres seulement, mais où l’on n’arrivequ’après avoir franchi quatre ou cinq énormes fossés aux talus croulants,rayés de sentiers périlleux. 11 est des harranques anciennes dont les ver-sants disparaissent entièrement sous la verdure; quand on arrive au fondde la gorge et que l’on voit un mince filet d’eau serpenter sous l’herbe, onse demande avec surprise comment un si faible agent géologique a puexcaver la terre à de si grandes profondeurs.

Mais tandis que la nature détruit, elle reconstruit ailleurs : sur les pla-teaux, on constate que les montagnes isolées, même les volcans d’originegéologiquement récente, et les versants des grandes montagnes, telles quele Popoeatepetl, sont enveloppés d’une couche argileuse ou argilo-marneuseayant en moyenne de soixante à cent mètres de puissance. Or ces couchesse composent en entier des poussières qu’apportent les petites trombes,les remulinos de polvo, tournoyant de distance en distance sur les [da-leaux, « semblables à des minarets mobiles, qui disparaissent et se renou-vellent sans cesse». Et d’où vient cette poussière elle-même, qui revêt com-plètement les montagnes, sinon d’autres terrains de formation moderne,du tepetnte, argile que les pluies arrachent des rochers et déposent en allu-vions ténues 1 ?

Au sud des montagnes situées entre les deux chaînes maîtresses, s’étendune série de plaines, fonds d'anciens lacs ou de mers intérieures. L’uned’elles est le Bajio, longue dépression sinueuse, qui serpente sur un espace

1 Yirlel d'Aoust, Société Géologique de France , séance du 1(5 novembre 1857.

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