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Livre XVII. Indes occidentales.
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FLEUVES , LITTORAL DU MEXIQUE . 55

entièrement revêtus de stalactites. Un autre de ces cours deau est celuiqui forme la fameuse cascade de Régla, bondissant du haut dune brècheouverte à travers des piliers de basalte. Les parois sont hérissées de colonnesautour desquelles senguirlandent les lianes ; leau blanche se divise en cas-eatelles entre les hexagones bleuâtres du rocher. Ensemble, le Tamesi et lelYmuco ont déjà presque entièrement remblayé les chaînes de lagunes quibordaient le littoral; mais au sud du fleuve de Tampico une petite merintérieure, la lagune de Tamiahua, sest encore maintenue, défenduecontre les eaux du large par un étroit cordon de filages. Cette levée de sable11oflVe pas la courbe légèrement concave que présentent la plupart desautres flèches graduellement formées par le mouvement des vagues audevant des baies de la côte : au contraire, elle savance en une boucleconvexe à une quarantaine de kilomètres à louest de la côte. Cette sailliecôtière du Cabo Roxo ou « cap Rouge » est due évidemment à la présencedun archipel de rochers (fui a servi de point dappui à deux plages conver-gentes. Dautres lagunes côtières qui se continuent au sud entre desflèches de sable et la vraie rive reçoivent quelques rivières abondantes,descendues du pays des Ifuaxlèques.

La côte est en maints endroits recouverte de dunes qui se sont exhausséesfieu à jieu au-dessus des plages, dont le sable les alimente, et qui cheminentvers lintérieur poussées par le vent alizé. Ainsi la « Villa Rica de la Yera-Cruz », que Cortès avait fondée près de Zempoala, est actuellement recou-verte par des buttes darène mouvante. On a exprimé lidée que ces dunesse sont peut-être élevées depuis que le récif côtier, dépassant jadis dun àdeux mètres le niveau de la mer, a été rasé par les constructeurs de la for-teresse San-Juan dLliia et des murailles de la cité; mais cette hypothèse nepeut être exacte, puisque des dunes plus hautes que celles de Yera-Cruzsélèvent en maints endroits du littoral, notamment près dAlvarado : lunedelles, voisine dAnton I.izardo, atteint 80 mètres. Des cactus et diversesfilantes aux racines traçantes sont utilisées pour la consolidation des sablesmouvants, mais les espèces de conifères qui croissent sur le littoral endautres régions de lAmérique du Milieu, ne prospèrent pas sur les côtesmexicaines du Golfe à cause de la violence des vents du nord; ces arbres,peu différents de ceux qui ont fixé les dunes de Gascogne, nont pu êtreacclimatés sur les sables de la Yera-Cruz 1 .

Plus loin, vers lanse méridionale du golfe du Mexique , lestuaire dAl-varado reçoit un grand nombre de rivières convergentes, dont les prin-

1 J. 0. Yillagoinez, Anales del Minislevio cle Fomento. Mexico , 1887.