NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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retenait au nord les eaux d’inondation. Le vice-roi lit rassembler uneprodigieuse armée de travailleurs indiens pour achever l’œuvre dans uneseule campagne d’hiver, de la fin de novembre 1(307 au milieu de mai1608'. Le tunnel, dit de Ifuebueloca ou de Nechistongo, avait 8270 mètresde long, sur une bailleur moyenne de trois mètres et demi ; mais il n’étaitpas voûté et les terres s’efibndrèrelit. L’issue était complètement fermée en1629; un déluge s’abattit alors sur la ville, emplissant les rues d’unecouche de 5 mètres d’eau : on ne se rendait plus qu'en bateau de maison àmaison, et cinq années s’écoulèrent avant que México se retrouvât en terreferme. 11 fallut recommencer le travail,qui malheureusement se poursuivitsans plan d’ensemble, et même suivant des projets contradictoires, soit pargaleries souterraines pratiquées sur un point ou sur un autre, soit partranchées à ciel ouvert. Ce dernier système finit par prévaloir, et en 1789,après cent quatre-vingt-deux années d’efforts, l’énorme travail était enfinaccompli.
En plusieurs endroits la coupure, pratiquée entre de hautes parois,offre l’aspect des entailles les plus hardiment ouvertes dans nos chantiersde chemins de fer; sur une longueur d’environ 800 mètres, la hauteur destalus, découpés par lespluiesen obélisques et en aiguilles, dépasse 50 mètreset l’ouverture de la tranchée est plus que double en largeur. La rivière deCuautitlan, qui apportait au lac de Zumpango une masse liquide d’environ11 mètres cubes par seconde, fut jetée dans ce canal d’égouttement ou(lesaf/üe, et l’excédent des lacs du nord se déversa également par ce passagependant la saison des pluies. Mais les terrains meubles de la coupurese ravinaient fréquemment, le lit s'emplissait de boues et de terres ébou-lées : l’œuvre était à recommencer sans cesse et, pendant les guerres dela révolution, on finit par l’abandonner complètement. En 1866, à la suitede crues redoutables, qui menacèrent de précipiter les lacs du nord surMéxico par les brèches des levées et qui donnèrent au canal un débitde 50 à 52 mètres par seconde, on entreprit une nouvelle fosse d’égoutte-men’ qui devait emporter non seulement le trop-plein des lacs du nord,mais encore celui du lac de Texcoco, situé au plus creux de la dépressionlacustre; mais la galerie d’écoulement de 10 kilomètres, par laquelleles eaux auraient dû passer sous la montagne de Tequisquiac, fut à peinecommencée et on laissa passer douze années sans y travailler : les déblaisn’ont recommencé, très lentement 1 2 , qu’en 1881 ; on en promet la fin pour
1 llolelin de la Sociedad de Geoyrafm y de Esladistica, tome IX, 18G5.
2 Carlos Pacheco, Memoria presentada al conyrcso de la Union, 1887.