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La flore du Mexique est, pour ainsi dire, la représentation vivante de sonclimat, puisque les plantes se développent ou se refusent à vivre suivant lesconditions de température, d’humidité, d’exposition : à l’aspect de la végé-tation, le botaniste reconnaît aussitôt si les chaleurs sont fortes et lesfroids extrêmes, ou si, au contraire, les oscillations du thermomètre sontmodérées, si le ciel verse des pluies en abondance ou dissout les vapeursqui lui montent du sol. A cet égard le Mexique présente de grands con-trastes : déserts, savanes, fourrés d’arbustes, puissantes forêts unies enimpénétrables massifs.
Au nord du Mexique, les roches du Chihuahua et des pays limitrophes,sur lesquelles la pluie ne tombe que rarement, ont une végétation trèsclairsemée, consistant en plantes grisâtres, épineuses, aux grosses feuillesdures : l’aspect du sol est à peine changé par les végétaux qui y prennentracine. Toutefois au printemps ces campagnes arides se parent soudain defleurs multicolores, les buissons de mezquites se recouvrent de bouquetsd’un jaune pâle, des hampes de clochettes blanches s’élancent de la cou-ronne des yuccas, les corolles rouges des mamillaires brillent au milieu descailloux. L’Europe a des prairies plus gaies, grâce à leur épais gazon,elle n’en a pas de plus éclatantes. Mais ce « temps des fleurs » passe vite etbientôt la nature reprend son apparence morose. Çà et là cependant lesbroussailles épineuses se pressent en fourrés à verdure délicate. Les espècesdominantes sont les mezquites (algarrobia (jlandidosa ), fort différents pourla plupart de ceux que l’on trouve aux Etats-l'nis, mais produisant égale-ment un exsudât qui ressemble à la gomme arabique. Dans le Nexv-Mexico les mezquites ne sont que des buissons dont les branches jaillissent immé-diatement de la racine; dans le Texas méridional ce sont des arbrisseaux;enfin, sur le territoire du Mexique , notamment dans la Sonora, ils devien-nent de véritables arbres, formant çà et là des bosquets imposants 1 . End’autres endroits, notamment sur les pentes de la Sierra Madré occidentale,dans les Etats de Chihuahua, de Sonora et de Sinaloa , ce sont les chênesqui dominent : de là l’appellation d ’encinal ou de « chênaie » donnée dansces régions à de vastes étendues boisées. Le nom de cliaparral, qui enréalité ne devrait s’appliquer qu’à des fourrés de chênes-rouvres, est égale-ment employé pour les étendues broussailleuses par les Mexicains dunord. C’est un terme analogue à celui de « garrigue » dont on se sert dansle Languedoc oriental ; en langage ordinaire tout maquis est un chaparral,même là où dominent les mezquites et les grands cactus.