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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
sont d’énormes dimensions : Ilumboldt les classe parmi les géants dumonde végétal. Les frênes aussi prennent des proportions inconnues enEurope et forment autour des villes d’incomparables avenues.
Le Mexique , si riche en plantes de toute espèce, en a donné beaucoup àl'Europe : c’est de là que nous sont venus le chocolat, dont le nom aztèques’est conservé; les arachides, qui en espagnol gardent aussi leur dénomina-lion mexicaine, cacahuate (tlacacahuatl); les ananas 1 , la précieuse pommede terre, la tomate, tomatl des Indiens, qui la plantaient dans les champsde maïs 5 . Le tabac, que l’on fume en Europe , est aussi une plante mexi-caine. L’agavé cl diverses espèces de cactus ont été importés de l’Ana-huac, de même que le jalap, la salsepareille, et d’autres plantes mé-dicinales, des baumes, des gommes et des résines. Les jardins, les serres,les vergers de l’Ancien Monde ne cessent de s’enrichir par les apports quilui sont faits du Mexique ; un seul naturaliste, Poyet, a introduit de Ja-lapa en France près de soixante espèces d’arbres fruitiers et d’agrément.D’autre part, il n’est pas d’espèce étrangère qui ne puisse être acclimatéedans l’immense jardin botanique formé par les terrasses successives com-prises entre Yera-Cruz et México, entre Mazatlan et Guadalajara . La banane,dont le nom est d’origine sanscrite et qui n’a d’appellation ancienne dansaucune langue de l'Amérique , est probablement une de ces plantes prove-nant de l’Ancien Monde par la voie des Canaries et d’Haïti *. Le blé futapporté par un nègre, esclave de Cortès. Bernard Diaz raconte, dans saConquête de la Nouvelle-Espagne, comment il planta lui-même sept ouhuit pépins d’orange, qui lui donnèrent de beaux arbres, les « premiers »du Mexique . Ce sont aussi les conquérants qui introduisirent la vigne : iln’est pas une industrie reposant sur l’utilisation du bois ou de ses produitsque l’on ne puisse tenter dans l’Analuiac.
A une époque relativement moderne, c'est-à-dire dans les âges tertiaireset quaternaires, la faune mexicaine comprenait plusieurs espèces de trèsgrands quadrupèdes, comparables à ceux de l’Ancien Monde. Déjà BernaiDiaz vit des « os de géants », qu’il attribuait aux prédécesseurs des Aztèques ,et de semblables trouvailles ont valu à diverses localités du Mexique lesnoms de cervo, loma ou llano dcl Gigante. Ces ossements, employés depuisun temps immémorial dans la pharmacopée indigène, et réellement effi-
1 Arthur Morelet . Voyage dans VAmérique Centrale.
i Bornant Diaz. ouvrage cité.
7 ' Clavigorn ; Rrlt, The Naturalist in Nicaragua; — Otto Stoll, Guatemala .