ORIGINE DES POPULATIONS MEXICAINES.
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permettaient de simplifier le travail. De même que les premières civili-sations de l’Ancien Monde, qui naquirent loin de la mer, en Egypte ,en (dialdée, dans l’Inde, aux bords du Hoang-ho , la civilisation mexi-caine prit l'orme à distance de l’Océan, sur de hautes terres qu’entou-rent des cirques de montagnes. Elle n’eut point de Ail ni d’Euphrate pourunir des cultivateurs riverains en une nation compacte 1 , mais elle avait seslacs, beaucoup plus vastes qu’aujourd’hui, dont le niveau changeant, lescrues et les assèchements alternatifs obligeaient les habitants à ce travaild’association, d’appui mutuel, de solidarité qui fut toujours la cause duprogrès. Toutefois, comparée aux premières civilisations historiques del’Ancien Monde, celle du Mexique eut le désavantage de rester, sinoncomplètement isolée, du moins presque entièrement, entourée par lemonde barbare : elle n’avait pas à côté d’elle d’autres centres de vie pro-gressive pour échanger avec eux ces influences réciproques d’où aurait punaître une civilisation nouvelle. Malgré l’étagement des zones de climat quirend les terres chaudes fort dangereuses pour les Mexicains du plateau, lesAztèques furent, il est vrai, en relations lointaines avec les Maya du Yuca-tan et les divers groupes de A'ahua répandus dans l’Amérique Centrale ,mais au delà le cercle était fermé. Il ne s’ouvrit, d’une manière terrible,qu’à l’arrivée des Espagnols , lorsqu’ils vinrent faire une soudaine irrup-tion et mêler de force les civilisations et les races.
Si violente, si rapide fut la destruction, (pie les chercheurs auraient pucraindre la disparition complète de tous documents relatifs à l’anciennehistoire du Mexique . On les détruisait même de propos délibéré : imitantsaint Paul à Éphèse, l’archevêque Zumarraga à Tlatelulco, Au fiez de laYega à Chiapa, et d’autres encore, firent brûler, comme suspects de nécro-mancie, tous les ouvrages mexicains qu’ils purent découvrir. Plus tard,on se contenta de cacher les précieux manuscrits : les missionnaires lestenaient enfermés dans leurs bibliothèques, les conservant « comme desdragons, ne sachant ni ne voulant les utiliser* ». Mais heureusement queles connaissances anciennes s’étaient perpétuées dans quelques famillesnobles, alliées par mariages à des conquérants espagnols, et l’on put s’a-dresser à leurs représentants les plus instruits pour retrouver les annalesde l’Anahuac. Nombre de Mexicains contribuèrent ainsi à sauver de l’ou-bli les événements de l’histoire ancienne des Aztèques et peuples congé-nères. Un Indien de Tlaxcala , Tadeo de N'iça, écrivit dès 1548, par ordre du
1 Léon Metchnikolï, Les Fleuves historiques.
- Toniaux-Compans, Voyages. relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de ladécouverte de l'Amérique .
xvn.
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