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Livre XVII. Indes occidentales.
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INDIENS ET MÉTIS SOUS LA DOMINATION ESPAGNOLE.

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vice-roi Mendoza comme limite du fardeau, n’était-il pas dépassé? Les pos-sesseurs des domaines, plus ignorants que les Mexicains des conditions duclimat, employaient souvent des Landes de porteurs dans les zones dontla température devenait mortelle pour les indigènes : les sommiers des-cendus des plateaux périssaient par milliers dans les terres chaudes, tan-dis que d’autres milliers, transportés soudain sur les hautes terres glacées,succombaient aux froidures. Et l’amour de l’or, qui lit commettre tant descélératesses à Cortès et à ses compagnons, n’acheva-t-il pas de livrer lespopulations à la merci des chercheurs de trésors? Heureusement que lespremiers conquérants étaient trop ignorants pour découvrir les gîtes métal-lifères qui plus tard fournirent tant de richesses au monde'.

Mais, tandis que la race des Indiens diminuait rapidement et disparaissaitmême en certains districts, une autre race se développait et prenait uneimportance grandissante : c’étaient les métis. Les conquérants, n’amenantpoint de femmes avec eux, en prirent aussitôt parmi les Indiennes, Cortèsle premier, et l’on sait de quel secours lui fut doua Marina ou Malitzinpendant les jours de danger. Tous ses capitaines et soldats reçurent desfemmes en présent : tout chef demandant grâce ou concluant une alliancescellait le traité par des alliances entre les nouveaux venus et des femmesde sa maison ou de sa parenté; toute trihu venant implorer la paix amenaitdes femmes pour les offrir aux vainqueurs. Après la conquête, les soldatset les marchands qu’attirait dans le Nouveau Monde la renommée destrésors du Mexique étaient rarement accompagnés d’Espagnoles, mal-gré les décrets qui déclaraient nulle toute concession de terres faite à unhlanc qui n’amènerait pas sa femme ou n’en ferait pas venir une de laPéninsule, et la plupart des unions continuèrent de se faire avec desfemmes du pays. Le nombre des métis s’accrut ainsi très rapidement, etdépassa bientôt celui des Espagnols .

Dans le langage ordinaire, ce nom de « métis » indique plutôt la classeque l’origine, et on l’applique exclusivement aux prolétaires qui ne viventpas à l’écart des tribus indiennes; mais, en prenant ce nom dans son vraisens, on peut dire que les métis constituent actuellement plus des quatrecinquièmes de la population 5 , car les Indiens « sauvages » sont eux-mêmes légèrement mélangés, et les blancs qui se disent « purs» n’aiment-ils pas aussi, à l’occasion, à se vanter de descendre des anciens rois et em-pereurs de la contrée? Trois familles de Montezuma ne gardent-elles pas

1 XV. Richardson, Histoire de l'Amérique .

- Guillemin-Tarayre, Archives de la Commission scientifique du Mexique , tome III; — Dupinde Saint-André, Le Mexique aujourd'hui.