Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
189
JPEG-Download
 

MEXICO .

18 U

étrangers. Là est le précieux « calendrier mexicain » où est gravée la divi-sion du temps telle (pie l'avaient si ingénieusement réglée les Aztèques :c’est un énorme bloc de 21 tonnes que les sculpteurs durent l'aire traînerde fort loin, car des roches de pareille nature ne se retrouvent pas dansles montagnes voisines de México '. La « pierre de Tizoe », qui repré-sente la procession des peuples vaincus par ce personnage et que l’on crutlongtemps être la « pierre des sacrifices » du grand temple, est aussi l’undes trésors du musée, où l’on voit en outre la hideuse statue de lluitzilo-pochtli, le « dieu de la guerre », le bouclier de Montezuma, des peintureshiéroglyphiques, les idoles de plusieurs divinités qui ne sont pas encoretoutes identifiées par les savants, enfin une image taillée de la croix,symbole religieux trop simple pour qu’il ne se retrouve pas chez tous lespeuples. Chaque année le musée national s’enrichit, et des fouilles métho-diques faites dans le sol, surtout dans les laisses des lacs, ne manquerontpas de révéler de nombreuses richesses : lors du siège de México , presquetous les objets précieux des temples, des palais et de la ville furent jetésdans les eaux des lagunes. En proportion de l’avoir scientifique s’accroîtaussi le zèle pour l’étude : México a de grands établissements universi-taires, notamment une école de médecine qui occupe le palais de l’Inqui-sition , et une école préparatoire aménagée dans l’ancien couvent desjésuites; on étudie la littérature aztèque dans un collège des Indiens;plusieurs sociétés savantes et littéraires publient d’utiles recueils ; laprincipale bibliothèque a plus de 150 000 volumes; le musée de peintureest un des plus riches du Nouveau Monde. Au point de vue de l'activitéscientifique, la ville américaine peut hardiment se comparer à Madrid ,son ancienne métropole; une de ses bibliothèques privées a peu d’égales.

La population de México a quintuplé depuis le commencement du siècle;cependant la capitale de l’Anahuac s’est laissé devancer par bien des citésplus jeunes. 11 y a cent ans, elle était la ville la plus peuplée du NouveauMonde, et maintenant elle se trouve dépassée, non seulement par New-York et d’autres villes des Etats-Unis, mais aussi par des rivales de l’Amé-rique latine . Il ne semble pas encore que la prédiction d’Ampère 5 soit à laveille desc réaliser : la ville qui se dresse dans « celte région prédestinée,vers le point de jonction des deux Amériques, sur la route de l’Europe et del’Asie », ne se révèle pas encore comme devant être la capitale future dumonde; le foyer de la civilisation, « déplacé par la force des choses et par

1 Alex, de Humboldt, ouvrage cité.

3 Promenade en Amérique , tome II, 1855.