lüô
— c’esl-à-dire les « vieillards des eaux », — qui existaient déjà avant lavenue de Cortès : quelques-uns de ces géants du monde végétal, auxlongues branches drapées de « barbe espagnole », ont quinze mètres encirconférence et cinquante mètres en hauteur. Les images gravées jadissur les parois du rocher de Chapullepec ont été effacées parle temps. C’està une petite distance au sud, à Churubuseo, que les Américains rempor-tèrent, en 1847, la victoire qui leur livra le Mexique . Après cette ren-contre, ils n’eurent qu’à culbuter les élèves de l’école militaire à Molinodel Rey, c’est-à-dire à la base même du rocher de Chapullepec, pour entrerà Mexico ; l’année suivante fut signé le traité de paix de Guadalupe Hi-dalgo, par lequel la moitié du territoire national était annexée aux Etats-Unis . L’aqueduc qu’alimentent les diverses sources des montagnes situéesau sud-ouest de México apporte son onde aux jardins de Chapullepec etau faubourg aristocratique de Tacubaya, — en aztèque le « Bassin desEaux », — qui parsème ses villas au sud du « mont de la Cigale ».Tacubaya est uu centre d’excursions vers San-Angel, les gracieux villagesblottis dans les vallées de l’Ajuseo et vers le pedregal ou champ de lavesqui a découlé de ce volcan et que recouvrent maintenant les cactus et lesbroussailles. Une ville, Tlalpam, devenue fameuse par son pèlerinage et parles l'êtes de San-Antonio de las Cuevas, se cache dans une gorge entre deuxpromontoires de scories : c’est le défilé par lequel les Américains péné-trèrent dans la « vallée » de México .
Au nord-est de México , une autre butte de rochers, le Tepeyacac des Az-tèques ou « Front de Montagne », d’ou s’échappe une source ferrugineuse,porte l’église de Guadalupe, jadis l’une des plus riches du monde, maisdépouillée maintenant de ses trésors au profit du budget national. UaVierge de Guadalupe est la patronne des Indiens, tandis que Notre-Dame delos Remedios était considérée jadis comme celle des Espagnols : aux tempsde l’ancien régime, une lutte incessante régnait entre les lîdèles des sanc-tuaires placés sous les différents vocables; mais la guerre d’indépendancea consacré définitivement le triomphe de Guadalupe, et le bourg que do-mine le lieu de pèlerinage est désormais connu sous le nom de GuadalupeHidalgo : la religion et le patriotisme se sont réunis en un même culte.A l’est de México , sur la rive occidentale du lac de Texcoco, il n’y a plusde villages, à peine quelques maisons isolées dans la grande plainemarécageuse et nue. Seule une butte volcanique se dresse au-dessus desterres salines, couvertes d’immondices par les laisses d’égout : c’est lePenon de los Banos ou le « Rocher des Bains », dont la base épancheen effet une source ferrugineuse et où des géologues ont trouvé des restes
XViJ.
23