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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Au sud de Jalapa et de Coatepec, plusieurs villes occupent à mi-hauteurdes escarpements du plateau des sites analogues à celui de la « Cité desFleurs ». Les chemins sinueux qui contournent les monts, à des hauteursvariables de 800 à 1200 mètres, n’ont guère de pareils au monde pour labeauté des horizons et l’inünie variété des paysages. Au sortir des gale-ries de verdure que forment les branches entremêlées des pins ou d’au-tres grands arbres, on voit apparaître l’Orizaba neigeux, les hautes mon-tagnes avec leurs contreforts, leurs terrasses, leurs coulées de laves revê-tues de forêts, les campagnes basses perdues dans les vapeurs et la courberégulière de l’Océan bleu. Des ravines de plusieurs centaines de mètres enprofondeur rayent du sommet à la base les flancs des montagnes; mais cesgorges, où les sentiers descendent comme au fond d’un puits, cachent leursparois et leurs éboulis sous des fourrés de végétation où s’entremêlent lesplantes des tropiques et celles de la zone tempérée : au bord du ruisseauqui coule dans le fond de la barranque, on chemine comme dans lineserre immense entre les fougères arborescentes 1 .
Huatusco est une des villes de celte région merveilleuse, mais d’accèsdifficile : nulle part au Mexique la canne à sucre ne réussit mieux; lecafier, dont les baies n’arrivent pas à parfaite maturité dans les plantationsde Jalapa, prospèrent d’une manière étonnante à Huatusco. Plus au sud onpasse à Coseomatepee, que domine la masse puissante de l’Orizaba , et l’ondescend à Côrdoba, ville située à 890 mètres sur la grand’routc et le cheminde fer de la Yera-Cruz à México . Côrdoba est une ville historique : c’est làque, en 1821, fut signé le traité qui reconnaissait l’indépendance duMexique et l’égalité civique entre Espagnols, créoles, métis, Indiens.Comme centre de cafèteries et autres plantations agricoles, elle a les mêmesavantages que Jalapa, mais son climat est plus humide et les fièvres y sontendémiques. Orizaba , qui se trouve à 26 kilomètres plus avant dans lecœur de la montagne, au pied du Borrego, reçoit aussi les pluies pendantune période plus longue que Jalapa et l’humidité qui s’évapore du sol yest plus malsaine. Orizaba , l’ancienne Ahuilitzapan ou « Eau Joyeuse »,est située à 1240 mètres d’altitude sur une terrasse que parcourent eneffet des eaux abondantes et saines, arrosant de belles plantations. Plu-sieurs de ses cours d’eau, dont l’un disparaît dans un rocher pour surgir à4 kilomètres plus bas, sont aussi utilisés comme force motrice en d’im-portantes filatures de tissus et en d’autres usines. Orizaba est la station laplus active de la voie ferrée entre México et la mer.