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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
à une centaine de kilomètres du Colle : les plus orientales se replient aunord-est vers la lagune de Términos, tandis que les autres vont droit à lamer ou s’anastomosent avec celles du Grijalva et des rivières intermé-diaires, affluentes du fleuve géminé.
Le Iront du delta, en y comptant les bayous qui se déversent dans lalagune de Términos, présente un développement d’environ 200 kilomètreset l’ensemble des diramalions embrasse un territoire que l’on peut évaluerà 15 000 kilomètres carrés : il n’est guère de fleuves qui, en proportion deleur bassin, aient une superficie aussi considérable de terres déposées pareux dans un golfe maritime : on peut dire même que le delta se prolonge enpleine mer, par des lodozales ou fonds de boue, que les quilles des navireslabourent sans y échouer. La bouche principale, dite Barra de Tahasco,s’ouvre à peu près au milieu de la région du delta, et, suivant les saisons,offre des profondeurs variables, de 2 mètres à 5 mètres et demi : quandsouffle le vent du nord le passage atteint sa plus grande profondeur, sur-tout pendant la saison des sécheresses; lors des inondations, alors que lamer se recouvre d’eau jaunâtre jusqu’à 55 kilomètres au large, les dépôtsapportés par le fleuve élèvent notablement la barre et parfois les naviresayant 2 mètres de quille n’osent pas donner dans la passe. Une autreouverture du delta, le San-Pedro, située plus à l’est, est encore moins pro-fonde, mais plus stable: la plus creuse des embouchures, mais aussi l’unedes plus changeantes, est celle de l’est, Chiltepec, où la sonde mesure parfois4 mètres d’eau : c’est là que vient se déverser le rio Seco ou « fleuveDesséché », que l’on croit avoir été le bras principal, lors de la recon-naissance des côtes par Grijalva : les descriptions des auteurs espagnolssemblent en effet se rapporter au rio Seco et ne conviennent nullementà la grande bouche actuelle du Grijalva*. La « barre » de Cupilco, com-muniquant avec un lac marécageux, paraît être aussi une ancienne embou-chure. Dans l’intérieur du Tahasco, les deux fleuves ramifiés, Grijalva etUsumacinta, offrent à la navigation par leurs branches nombreuses unelongueur développée de canaux comprenant, même pendant la saisonsèche, plusieurs centaines de kilomètres. En 1840, en 1845, en 1845,des flottilles de guerre, texienne, yucatèque, américaine, pénétrèrent faci-lement dans le Grijalva jusqu’à l’embarcadère de San-Juan-Bautisla, lacapitale, à 150 kilomètres de la barre. De même l’Usumacinta est navigablependant les hautes eaux à plus de 500 kilomètres de l’embouchure et lesbarques remontent encore en amont des rapides.