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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
quéespar les prairies mobiles des nymphées et autres plantes aquatiques. Lesbateaux vont et viennent, remorquant les bois de teinture et de constructionqui sont la principale richesse du pays : souvent les crues de 1 Lsumacintaamènent aussi des troncs de conifères déracinés, d’une espèce inconnuedans le Tabasco, (pie les habitants utilisent, sans se préoccuper du lieu deprovenance 1 . A demi amphibies, les indigènes ne souffrent point de l’inon-dation, si ce n’est dans les crues exceptionnelles, quaml l’eau envahit lesvillages, emmène les huttes à la dérive et noie les animaux domestiques :des populations entières ont dù se réfugier en dehors du delta sur lesterres élevées de l’intérieur. Tellement humide est la contrée, que d’ordi-naire le sel se conserve en bouteille. Les berges hautes de l’ancien littoralsont en grande partie formées de coquilles bivalves, d’huîtres notam-ment, qui furent déposées à l’époque où les deux océans s’unissaient en-core par le détroit de Tehuantepec.
La lagune de Términos, qui reçoit la partie des eaux de l’Usumacintaconnue sous le nom de rio Palizada, et plusieurs autres rivières, leChumpan, le rio Candelaria, le Maman tel, est la continuation orientale desplaines basses du Tabasco : un exhaussement de quelques mètres en feraitémerger les bancs de sable et changerait en bayous les passes navigables.Le cordon littoral qui servira de point d’appui aux terres futures, déposéesgraduellement par les fleuves, existe déjà : c’est la chaîne des deuxlongues îles, Aguada et Carmen, qui ferment l’entrée de la lagune, nelaissant que trois entrées aux embarcations d’un faible tirant d’eau; lapasse orientale, dite Puerto Escondido ou « Port Caché », n’a même quesix décimètres de profondeur sur le seuil, et le flot de marée accroît rare-ment l’épaisseur d’eau à plus d’un mètre, si ce n’est quand il est soutenupar de forts vents du large. Les flèches insulaires ne sont que desplages de sable s’élevant à 2 mètres à peine au-dessus du niveau marin : àquelques kilomètres en mer on ne voit que la ligne continue des arbresderrière laquelle s’étendent les eaux dormantes du lac intérieur. Les con-tours de la lagune de Términos sont représentés d’une manière différentesur toutes les cartes originales et diffèrent en effet suivant les saisons, lesvents, les apports des rivières affluentes. Au nord, la nappe d’eau se conti-nue parallèlement au rivage sur une longueur d’une centaine de kilomè-tres : c’est un bayou saumâtre qui se rétrécit graduellement et, vers l’extré-mité septentrionale, n’est plus qu’une faible coulée, empruntant le silloncôtier d’une ancienne plage. La lagune de Términos a reçu ce nom, en
1 Arthur Morelet, ouvrage cité.