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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPUIE UNIVERSELLE.

culant suivant les progrès annuels, elle s’élève certainement à 11 600 000en 1890 : pendant la dernière décade, l’augmentation des habitants a étéde 2 pour cent chaque année. Certes, le Mexique est encore bien faible-ment peuplé en comparaison des pays d’Europe , et surtout des l égions in-dustrielles de l’Europe occidentale; mais il est au nombre des contrées duNouveau Monde où la population a le plus de densité relative, et même ilsuit de fort près les États-Unis 1 . La partie centrale, de la République , deI'uebla à Guadalajara et de San-Luis Potosi à Morelos , est, on le sait, larégion la plus populeuse, grâce au climat et à la facilité relative des com-munications. Tandis que dans la plupart des pays les plaines l’emportentsur les hautes terres par le nombre des habitants, c’est le fait contraireque l’on constate au Mexique .

L’immigration, qui a pris une si grande importance économique auxÉtats-Unis, au Canada, dans l’Argentine , n’a qu’une influence secondairesur l’accroissement de la population mexicaine et sur le développement deses ressources. Il est facile de comprendre pourquoi les émigrants del’Ancien Monde ne se dirigent qu’en petit nombre vers le Mexique . Dans cepays les seules terres inoccupées sont les plaines arides du nord, naguèreexposées aux incursions des Indiens sauvages, et les régions forestières dumidi, en grande partie inondées, et redoutables pour l’homme blanc parleur climat : ce n’est ni dans le Chihuahua , ni dans le Tabasco que des tra-vailleurs européens peuvent espérer de réussir, à moins de circonstancestout exceptionnelles. Et dans les régions dont le sol est déjà partagé, com-ment des émigrants d’Europe , comptant sur un prix relativement élevé pourleur travail, pourraient-ils tenter de soutenir la concurrence des Indienspurs ou métissés, qui se contentent du salaire le plus minime ou qui même,écrasés par le fardeau des dettes, finissent par travailler presque gratuite-ment, en véritables serfs? Déjà divisé en grands domaines, le territoiremexicain n’a plus guère de place pour les petits cultivateurs qui, en d’au-tres contrées, constituent l’armée des immigrants, et à de rares exceptionsprès, entre autres celle que présente la colonie française de Jicaltepcc, lesdiverses tentatives faites par le gouvernement ou des particuliers pour colo-niser des terres par des travailleurs étrangers, Italiens ou autres, n’ont pasréussi et les colons se sont dispersés, laissant leur place à des Mexicains. En1888, l’ensemble des vingt « colonies » du terrritoire comprenait 6519 ha-

' Densité comparée de la population en 1890 :

Ensemble de l’Amérique . . . 41 830 000 kil. carr. 122 000 000 bal). 5 hab.

États-Unis anglo-saxons . . . 9 531 360 » 65 300 000 » 6,8 »

États-Unis du Mexique . ... 1 987 065 » 11 600 000 » 5.8 »