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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
môme terrain, peu élevé au-dessus de la zone marécageuse du littoral,des planteurs cultivent en même temps maïs, riz et manioc, cotonniers,aloès, cafiers, cacaoyers et orangers, bananiers, palmiers et arbres àcaoutchouc.
Dans la partie méridionale du territoire, le versant appartenant à laGrande-Bretagne est d’une faible largeur et les collines qui s’y élèvent nesont pour la plupart que les contreforts avancés des montagnes guaté-maltèques de la Yera-Paz : les cimes les plus hautes que l’on ait aperçuesde la mer dans ces régions inexplorées dépassent 500 mètres; un petitmassif isolé de roches calcaires auquel les Anglais donnent le nom deSeven Hills ou « Sept Collines » atteint 145 mètres; la pointe extrême dece groupe de mornes est le cap qui limite le golfe d’Amatique. Au nord, desberges couvertes de pins longent le littoral à une certaine distance dansl’intérieur et forment, pour ainsi dire, comme un deuxième rivageau-dessus des terres basses.
Les montagnes les plus hautes du Honduras Britannique sont appeléesCockseomb Mountains, « monts Crête-de-Coq ». Elles se rattachent aussià une chaîne latérale du système guatémaltèque , mais leurs pitons cul-minants se dressent en territoire anglais . L’arête principale s'aligne dansla direction de l’ouest à l’est, et de ses pentes septentrionales descendentdes ruisseaux qui alimentent la rivière de Belize . Ces montagnes, richementboisées sur les pentes inférieures, mais n’offrant que des pins clairseméssur les escarpements des cimes, sont en partie composées de granit, ainsiqu’en témoignent les blocs roulés dans le lit des torrents ; les explorateursont surtout remarqué des calcaires durs veinés de quartz et des schistesaux assises redressées dont l’escalade est très difficile : ce sont probable-ment les pedernales que la troupe de Cortès mit douze jours à franchir, en1524, lors de son étonnante expédition du Honduras . Le sommet le plusélevé des Cockseomb, auquel son premier gravisseur ne pouvait manquer,suivant la constante habitude des explorateurs anglais , de donner le nomde « pic Victoria », atteint 1127 mètres d’altitude; d’autres pitons, dontl’un porte le nom du voyageur Bellamy (825 mètres), se succèdent dansla direction de l’est, puis la chaîne s’abaisse assez brusquement, n’ayantque de petites collines pour contreforts. La pointe culminante est uneaiguille, d’apparence inaccessible, que l’on est parvenu à gravir en s’aidantde cordes et d’où la vue s’étend sur un horizon très vaste, jusqu’aux mon-tagnes d’Omoa, à plus de 150 kilomètres au sud-ouest, dans la républiquede Honduras . De tous les côtés on voit un espace sans bornes de croupeset de vallées que recouvre une forêt continue : nulle plaine ouverte, ni