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Livre XVII. Indes occidentales.
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du Fou, u’esl pas tout à fait aussi élevé; il n’atteint que 5755 mètres; maisson isolement complet lui donne un aspect plus majestueux. Vu d’Escuintla,c’est-à-dire de la base méridionale, il est peut-être, disent ses ^ravisseursDollfuset de Mont-Serrat, « ce qu’il y a de plus beau au monde »; le regardsuit la courbe parfaite des talus sans rencontrer dc'saillie discordante, et leszones de végétation, cultures, forêts touffues, bois de pins, se succèdent avecleurs nuances variées sur le penchant du cône. Les Cakchiquel lui don-nent le nom de Qahol lluyü, le « Solitaire », le « .Non Marié », synonymede Sans Égal 1 . Quoi qu’on ait dit souvent, le volcan de l’Eau n’a point eud’éruption depuis l’époque de la complète : la catastrophe qui lui a valuson nom provient de la rupture d’une paroi de cratère qui retenait un lacterminal à la cime de la montagne. Four atteindre le sommet du pic, onpasse ordinairement par la brèche qui s’ouvrit pour donner issue auxeaux enfermées, et là il est facile de se rendre compte de la masse liquide•pie renfermait ce bassin suspendu au-dessus des plaines. En admettantque le réservoir, profond de 70 mètres, fût entièrement rempli, il auraiteu 500 mètres de tour au bord supérieur, 250 mètres au fond : sa conte-nance n’aurait donc pas même été d’un million de mètres cubes; maislorsque le pan de cratère céda, dans la désastreuse journée de 1541, l’ou-verture se fit directement au-dessus de la capitale que venaient de con-struire les conquérants espagnols, là où se trouve aujourd’hui le bourg deCiudadVieja : l’avalanche d’eau s’écroula sur la pente de la montagne, ra-vinant les terres, entraînant les arbres et les rochers, et noya la ville sousdes amas de fange. Actuellement, les eaux de pluie et celles qui proviennentde la fonte des neiges hivernales descendent paisiblement par les ravinesdivergentes qui sillonnent les pentes de la montagne. Un peu de neige seconserve en été dans quelques cavités bien abritées.

La profonde vallée où coule le Michatoya sépare le volcan de Agua d’ungroupe de pitons volcaniques, le Pacaya, ainsi nommé d’une espèce de pal-mier à fleurs comestibles, qui croît à sa base \ De près le Pacaya sembleun massif de cimes irrégulières : il est probable que le cône suprême auradisparu lors d’une explosion antérieure à l’histoire. Le morne le plus élevé,celui qui est encore en feu, atteint 2550 mètres seulement,soit un mil-lier de mètres environ au-dessus du plateau sous-jacent ; à côté se dresseun piton boisé, et ces deux morues sont enfermés dans l’enceinte ébréchéed’un très vaste cratère de plusieurs kilomètres en circonférence; enfin

1 Ottn Stoll. Guatemala .

- Arthur Morclcl. nuvra^t' citr.