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Livre XVII. Indes occidentales.
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ETAT POLITIQUE DU GUATEMALA.

H I

quoiqu’il n’y ait encore qu'un temple protestant en 1890, dans la capitale, lelibr e exercice de toutes les religions est autorisé, mais à la condition pourles pasteurs de ne s’immiscer en rien dans les affaires de l’État. «Les insti-tutions, purement laïques, ne permettent aux ministres des cultes, sousaucun prétexte, de donner le moindre conseil ou de s’ingérer en quoi quece soit dans les questions relatives à l’instruction publique. » En 1707,les Jésuites furent expulsés pour la première fois. En 1829, une révolu-tion enleva leurs biens aux communautés religieuses, qui plus larden reconquirent une partie, mais sans reprendre leur ancienne influence.Les couvents des Jésuites ont été définitivement supprimés en 1871 etleurs propriétés confisquées; celles des autres ordres religieux furent,l’année suivante, « nationalisées » par décret ; en 1874, on interdit éga-lement les communautés de femmes, à l’exception d’une seule. Quelquescouvents ont été utilisés pour des écoles ou des entrepôts ; mais la plupartdes domaines enlevés à l’Eglise ne profitèrent qu’à des politiciens sansscrupules, devenus soudain possesseurs de fortunes immenses. Dans lesparoisses de l’intérieur, la dime est encore volontairement payée par lesIndiens, qui portent aux prêtres des fruits, des œufs, des volailles : « Man-geurs de Poulets », tel est le nom que les Quiché donnent encore aux curésdans leur langue'. Autrefois les fiancés devaient travailler pour le padrependant une période de noviciat, jusqu’au jour où ils étaient suffisammentinstruits dans la « sainte doctrine ».

Officiellement, « tous» les Guatémaltèques, de dix-buit à cinquante ans,sont tenus au service militaire; mais la loi excepte les fils uniques deveuves et d’indigents, les professeurs et les élèves des écoles reconnues parl’Etat, les fonctionnaires et enfin tous ceux qui se libèrent annuellementpar une somme de cinquante piastres. La dispense du service est donc unprivilège des fortunés. Les Indiens purs ne sont pas inscrits sur les listesdu recrutement ; toutefois, en temps de guerre, on les enrôle pour le trans-port des bagages et des munitions : ce sont eux sur lesquels pèsent les tra-vaux les plus pénibles de la campagne. Les blancs et les ladinos, seulsappelés à porter les armes, suffiraient à constituer une armée considérable,car en 1888, les listes militaires comprenaient 89 877 hommes, dont53 723 dans le service et le reste dans la réserve. Mais le service « actif » necomporte pas nécessairement la présence sous les drapeaux, car dans cettemême année, le gouvernement n’entretenait qu’une force de 2519 hommes,dont 564 officiers. Les soldats sont tenus, du moins officiellement, de fréquen-

1 Karl von Sclicrzer, A'atur-und Vülkerleben itn tropischen America.