Band 
Livre XVII. Indes occidentales.
Seite
444
JPEG-Download
 

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Ait

temps, reçut même le nom de Nueva San-Salvador; mais, égalementexposée aux éruptions volcaniques et aux secousses du sol, elle ne prometguère plus de sécurité que la première San-Salvador , et celle-ci, rebâtieen bois d’après un système de cadres élastiques, a repris son rang desiège du gouvernement, sans avoir encore récupéré la population de50 000 habitants qu’elle avait au milieu du siècle. San-Salvador possèdeaussi l’université de l’État. Une route bien entretenue met la ville encommunication avec son port, l’escale de la Liberlad, ouverte à tous lesvents et souvent dangereuse : les grands navires y mouillent à plus d’unkilomètre de la côte, toujours balancés par le roulis. Cependant la Liberladest le principal lieu d’importation de la République ; pour l’exportationelle est de beaucoup inférieure à l’escale d’Acajulla*.

A l’est de San-Salvador , la route maîtresse passe au nord du lacllopango,puis à Cojutepeque, d’après laquelle le lac est souvent dénommé. Cetteville, peuplée d’indiens, eut aussi, après le renversement de la capitaleen 1854, l’honneur temporaire d’être choisie comme chef-lieu du Sal-vador , et l’espoir, trompé depuis, de maintenir son rang 2 lui a donné unecertaine jalousie contre sa rivale; sa principale industrie est la fabrica-tion des cigares. Au delà se présentent Jiboa, puis San-Yicentc, fondéeen 1(358 sur un affluent occidental du bas Lempa pour remplacer une citédes Aztèques, l’antique Tehuacan. De même que son homonyme de l’Ana-huac, celte ville occupait un site admirable : on en voit les ruines, connuessous le nom de Opieo, sur une terrasse latérale du volcan de San-Yicente,d’où la vue s’étend au loin sur les plaines du littoral et la vallée duLempa. San-Yicente, comme San-Salvador , a son port maritime, décoré éga-lement d’un nom sonore : c’est la Concordia, située à l’embouchure du rioJiboa et près des marigots de Jallepeque, qui communiquent avec le rioLempa. La roule de San-Yicente à sa marine passe à la base du contrefortqui porte Opieo et par la ville île Sacatecoluca, entourée de riches plantations.

Le grand fleuve Lempa, qui sépare les districts de San-Yicente et de San-Miguel, n'a point de villes importantes sur ses bords. Sous un autre cli-mat, la population se serait portée en foule dans cette vallée fertile et enaurait couvert les rives de cultures; mais dans la zone tropicale, au con-traire, on évite les fonds souvent marécageux et mal aérés. Les villes lesplus rapprochées du fleuve, Suchitoto, Ilobasco. Sensuntepeque, sont hàtiessur des promontoires où la température est moins chaude et le vent plusfrais que dans la vallée basse. Cbalalenango, la seule ville du Salvador

1 Mouvement des échanges à la Liberlad en 1888 : ta 650 000 francs.

- Laferrière, y vies de voyage au Centre-Amérique.