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nourrir. Cette eau doit sa couleur et ses propriétés aux algues qui s’y déve-loppent et aux matières animales qui y pullulent'.
La partie la plus peuplée du Honduras est le bassin du fleuve Cliolutecaqui descend au Paciiique : c’est la région qui continue le Salvador à l’est etque prolongent les campagnes populeuses du Nicaragua méridional. Lebassin supérieur du fleuve est celui qui forme le département de Teguei-galpa. La capitale qui porte ce nom et que citent les annales du paysdepuis l’année 1762 prit presque soudainement une grande importancecomme centre d’une région très riche en minerais d’or et d’argent. De1778 à 1810, la valeur annuelle des métaux qu’on y Apportait variait devingt à vingt-cinq millions de francs : pendant cette période le district deTegucigalpa fournit près d’un milliard au commerce des métaux. Lesguerres, les révolutions, puis les oscillations de la valeur du minerai rédui-sirent à peu de chose l’exportation minière de Tegucigalpa , mais elle arepris très activement. Cette ville, choisie depuis 1880 comme siège duCongrès, et désignée comme devant être un jour le chef-lieu des cinqrépubliques de l’Amérique Centrale , est de beaucoup la plus populeuse dela République et s’accroît d’année en année. Elle s’élève en amphithéâtreau pied d’une montagne escarpée et domine la rive droite du Choluteca.que traverse un pont de dix arches : la ville du rivage opposé, Coneepcion.ne forme plus qu’une seule cité avec Tegucigalpa .
Deux autres départements, également riches en gisements miniers, sesuccèdent dans le bassin du Choluteca : l’un, dont le chef-lieu est la villede Yuscarân, fondée au milieu du dix-huitième siècle, a reçu le nom mé-rité de Paraiso ou « Paradis»; l’autre a la même appellation que le fleuveet que la nation indienne qui en habite les bords. Le chef-lieu, Choluteca,bâti sur la rive gauche de l’estuaire, fut l’ancienne Xerez de la Frontera ;quelques embarcations remontent jusqu’à cette ville. Nacaome, située surla petite rivière du même nom, qui se déverse aussi dans la baiedcFon-seca, mais beaucoup plus à l’ouest, a des sources minérales très estimées,qui, sous un climat moins brûlant, attireraient un grand nombre de visi-teurs. Le port de Nacaome est San-Lorenzo, ouvert à l’extrémité septentrio-nale de la haie du même nom : les navires y trouvent des fonds de 7 mètresjusqu’à une faible distance du rivage. Un des tracés du chemin de ferinterocéanique aboutit au port de San-Lorenzo; un autre traverse le rioNacaome près de son embouchure, puis franchit les bayous marécageuxqui séparent les îles Guegensi et Sacate-Grande de la terre ferme, et se
1 E. G. Squier, Noies on Central America.