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Livre XVII. Indes occidentales.
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VOLCANS DU NICARAGUA .

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est de cette montagne, la chaîne des volcans se continue en plein lac, d’a-bord par une butte de 600 mètres, le Zapatcra ou « Savelière », dont l’ap-pellation première était sans doute Zapotera ou « île des Sapotiers », puispar une grande île aux cônes jumeaux. C’est à tort que le volcan principalde l’ile double (1650 mètres) porte le nom d’Ometepc, puisque ce nom,d’origine nahuall— Ome-lepetl, — signilie « Deux-Monts» 1 et s’appliquaiten ellèt aux deux pilons, du nord-ouest et du sud-est. Celui-ci, demoindre hauteur (1577 mètres), est appelé par les Espagnols Madera ou« la Forêt ». J,a cime de l’Omclepe est creusée d’un petit cratère enfer-mant un lac, et sur le liane du mont s’ouvre un cratère plus vaste entière-ment caché par la végétation. Du haut de celle montagne à la courbe su-perbe on voit à ses pieds toute l’étendue du lac, l’isthme étroit qui lesépare du Paeiüque et l’amphithéâtre des hauteurs qui se déploie sur unemoitié de l’horizon.

A l’ouest des deux lacs, l’isthme qui constitue le Nicaragua proprementdit présente aussi sa petite chaîne côtière, d’ailleurs peu élevée et coupée debrèches nombreuses : le plus haut morne de l’étroite bande de terre, leYenturon, a 240 mètres ; le seuil le plus bas ne dépasse que de 7 à 8 mètresle niveau du lac, et dans sa partie la moins large on ne compte que 21 kilo-mètres de mer à mer. En maints endroits la saillie de cet isthme n’estformée que de tufs d’origine volcanique. Fors des éruptions, les laves sesont épanchées en diverses directions, sans loi apparente, suivant la pres-sion qui s’exerçait à l’intérieur; mais les cendres, lancées dans l’espacepar les cratères, sont uniformément retombées au sud-ouest, au souffle duvent alizé qui reployait dans ce sens leurs colonnes d’explosion. Ces cou-ches de débris, connues au Nicaragua sous le vieux nom nahuall de talpe-tate ou tepetute, recouvrent donc presque toute la région littorale du Paci-fique. Telle est la cause qui prive cette région de ruisseaux et de sources :toute l’eau de pluie disparaît dans les profondeurs du sol à travers les pier-railles et les cendres. Les habitants sont obligés de conserver en des citernesl’eau nécessaire à leur alimentation, et les plantes ne trouvent l’humiditéindispensable à leur croissance que dans les endroits où l’eau, retenue pardes lits de lave, se maintient dans les couches superficielles du sol. Larapide disparition des eaux offre du moins cet avantage que dans l’isthmeil ne peut se former de marais proprement dit.

Bien que la chaîne axiale du Nicaragua se développe à l’est de la dépres-sion des lacs et que le sol abaissé présente aux bords de l’Océan une plaine

Oinolepe, Omo-tepetl fréquemment employé, est un terme (D. Pector, Notes manuscrites.)