MATAGALPA, ACOYAPA, BLEAYFIELDS, SAN-CÀRLOS.
525
le pays est presque inhabité jusqu’à la grande lagune de ce nom, gra-duellement rétrécie par les alluvions, sur laquelle se trouve le village deBlewüelds, ancien nid de pirates et résidence du roi des Mosquitos , —doublement roi, à en juger par son nom usuel, rcy-king, à la fois espagnol et anglais *. — Ce souverain,jadis protégé par la Grande-Bretagne, et main-tenant sujet du .Nicaragua , qui lui paye une liste civile, administre, aunom de la République, tous les villages de la côte des Mosquitos , entre lerio llueso et le Rama, sur un espace d'environ ‘250 kilomètres, du nordau sud. Blewüelds est aussi le centre des missions protestantes et desécoles anglaises du littoral. De très vastes bananeries et d’autres planta-tions entourent la bourgade et, depuis 1885, alimentent un grand com-merce de fruits, bananes, noix de coco, ananas, oranges, avec la Nouvelle-Orléans et Baltimore : les bananes de Blewüelds sont les plus appréciéessur les marchés des Etats-Unis . Les bords de la lagune des Perles et lesîles du Maïs ou Corn-islands sont aussi devenus des lieux de culture. Leshuîtres sont fort abondantes dans les lagunes de la côte, et cependant lesdébris de cuisine que l’on rencontre par amas énormes dans les forêts dulittoral et qui sont presque en entier composés de coquillages divers, necontiennent point de ces bivalves : on a trouvé dans les kjôkkenmôddingerdes poteries et des figurines humaines 2 .
San-Càrlos, situé sur la rive gauche du Besaguadero, à l’endroit où ils’échappe du lac, n’est qu’un petit groupe de cabanes, dominé par un forten ruines: c'est le hameau dans lequel Bel 1 y voyait déjà la future Constan-tinople du Bosphore américain et que, dans ses espérances, déçues plustard, il baptisa du nom de Felicia, la « Ville Heureuse ». Un autre poste,celui du Caslillo, est le pi us, important des groupes d’habitations qui sesuccèdent en aval sur les bords du fleuve, jusqu’à San-Juan del Norte, sou-vent désignée sous le nom de Grcytown, depuis l'époque où les Anglais s’enétaient emparés. Cette ville, fameuse dans l’histoire des guerres entreEspagnols et pirates et des dissensions entre Anglais et Américains , est,malgré son manque de port, la seule entrée commerciale du Nicaragua sur la côte atlantique. Ses maisonnettes en bois, peintes en blanc, sontentourées de gracieux jardins, ombragées de palmiers, d’artocarpes oud’autres arbres remarquables par Heurs, fruits ou parfums; des plantesgrimpantes s’attachent aux murailles et les parsèment de bouquets odo-rants. Située dans le voisinage de marais, de coulées tantôt emplies d’eau,
’ J. Froebcl, ouvrage cilé.
2 Ch. Dell, Journal of lhe R. Geographical Society, 18G2.