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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
projet de voie interocéanique à niveau, comportant une longueur totalede 125 kilomètres, sur laquelle les navires auraient à parcourir unespace de 17 kilomètres en un passage souterrain, plus long que ceux ducol de Fréjus et du Gothard. Le port d’entrée sur l’Atlantique eût été lehavre d’Acanti, dont le nom, comme tous ceux qui se terminent en canti ougandi, indique le séjour ou le voisinage des Indiens Cuna : c’est, au norddes bouches vaseuses de l’Alrato, le premier port où les navires puissentmouiller en eau pure. De l'autre coté du tunnel, le canal descendrait parla vallée du Tupisa dans la plaine de la Tuyra maritime, qui pénètre auloin dans l’intérieur du continent et communique avec l’Océan par le havreDarien , un des ports les plus surs et les plus vastes du monde; il seprolonge en mer par le large entonnoir du golfe de San-Miguel. Quelquesvillages, ayant ensemble deux mille habitants environ, \ avisa, Pinogana,Chepigana, se succèdent sur les bonis des fleuves et de l’estuaire. Lescampements d’indiens se déplacent vers l’intérieur, à la recherche despalmiers ( phytelephas ) qui produisent l’ivoire végétal.
Une autre voie navigable interocéanique proposée par MM. de Gogorzaet Lacbarme, qui croyaient avoir trouvé en cet endroit un seuil de 55 mè-tres seulement, utiliserait aussi l’admirable port de Darien , mais en pas-sant beaucoup plus au sud, par la haute vallée de la Tuyra et le coursinférieur de l’Atrato ; mais, ainsi que l’ont démontré les explorations deM. Wyse, cette dépression n’existe point, et le col de Tihule, le plus bas dela chaîne, est presque trois fois plus élevé au-dessus de la mer. Le tracé,d’une longueur de 255 kilomètres, comporterait 22 écluses, un tunnel de2 kilomètres et des travaux d’approfondissement à la bouche de l’Atralo;or cette dernière partie de l’œuvre est une de celles devant lesquellesl’industrie moderne n’est pas encore devenue toute-puissante : nullepart, ni dans l’estuaire de la Clyde et de la Tync, ni à la passe méridionaledu Mississippi, c’est-à-dire là où les ingénieurs ont eu le plus de succèsdans leur œuvre, on n’a encore obtenu un chenal régulier ayant 9 mè-tres de profondeur normale.
Tous les autres projets de canal de mer à mer ont, dans cette région, lemême inconvénient : celui d’aboutir à l’Atlantique parle cours du puissantAtrato , qui roule, il est vrai, une masse d’eau largement suffisante pourles plus grands navires, mais que des barres de fange séparent de la mer.Un de ces plans fut étudié par Trautwine en 1852, puis successivementpar d’autres ingénieurs, Porter, Kennish, Micbler, Craven : il emprunte lecours du Truando, affluent occidental de l’Atrato , pour franchir la cordil-lère par deux souterrains et se diriger vers la petite anse de Paracuchichi.