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Livre XVII. Indes occidentales.
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FONDS DE LA MÉDITERRANÉE AMÉRICAINE.

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développer par boutures qui se succèdent indéfiniment, détachées de laplante mère par le mouvement des vagues.

A'aguère la faune marine des parages anliliens passait pour connue dansses grands traits. Les naturalistes décrivaient les cétacés, les poissons,les cliéloniens, les crustacés, les mollusques et autres formes animalesdes eaux superficielles, du lamantin à l’argonaute, mais ils déclaraient<pie la vie était absente des gouffres ténébreux du fond. Les récentesexplorations, faites pour l’étude des côtes américaines, ont singulièrementaccru le savoir des zoologistes et les collections sc sont décuplées. C’estainsi qu’au milieu du siècle on ne connaissait que 20 espèces de crustacésde l’aire antilienne, et que la croisière du navire le Blake, draguant lesfonds jusqu’à plus de 4000 mètres, a valu à la science 40 genres nouveaux,comprenant 150 espèces. Le premier, I’ourtalès étudia la faune profondedu plateau de rochers qui porte les récifs de la Floride et auquel on donnemaintenant son nom, faune extrêmement riche dont les formes ressem-blent aux fossiles d’époques géologiques antérieures et qui comprend denombreuses espèces phosphorescentes. En certains parages le lit marin estrecouvert d’organismes vivants; dans les détroits des Petites Antilles , prèsde la Guadeloupe et des Saintes , de Saint-Vincent, de Barbadoes, on passeau-dessus de véritables forêts de petttaerini, ondulant sur le fond commedes plantes aquatiques dans un marais. Les seuls espaces sous-marins d’oùla drague ne rapporte point d’animaux sont les fonds de détroits balayés parde forts courants, tels le canal de la Floride et le passage du Vent. Lecontraste que présentent la faune superficielle et la faune profonde dans laméditerranée Américaine est beaucoup plus grand que dans les mersfroides ou même tempérées. C’est que l’écart entre les températures de lasurface et celles du fond y est aussi beaucoup plus considérable : il s’y pro-duit un étagement des espèces analogue à celui qu’on observe sur lespentes des hautes montagnes de la zone torride 1 .

La nature du fond et des rivages présente beaucoup plus de variété dansla méditerranée Américaine que dans l’océan Atlantique , les conditions dumilieu y ayant à la fois plus de diversité et moins d’ampleur. Les dépôtsvaseux qui occupent la partie médiane des deux bassins sont composés prin-cipalement de débris de pléropodes, tandis que les couches terreuses l’em-portent sur le pourtour du littoral; des sables siliceux bordent aussi cer-taines côtes, et les vases eoralicnnes, les formations calcaires entourent lesrécifs et prolongent au loin diverses péninsules, entre autres celles du \u-

1 Alexander Agassiz , Cruise of lhe Blake.