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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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oreilles ou ae la langue. Ainsi, de par l’amiral, Cuba continua d’être unepéninsule d’Asie jusqu’en 1508, époque à laquelle Ocampo, longeant lescôtes septentrionales de Cuba , atteignit le cap San-Antonio et lit le tour del’île par le détroit du Yucatan. Trois années après, les Espagnols prenaientpossession de Cuba , et fondaient la première ville, Baracoa : désormais ilne restait plus, pour compléter la découverte, qu’à explorer les contréesde l’intérieur. Peu à peu, les observations des marins ont précisé le tracédes rivages; puis la mise en culture des campagnes, la construction desvilles, des roules et des chemins de fer, les levés et les cadastres partielsont permis de dresser une carte à peu près exacte de l’ile ; toutefoison n’a point encore commencé les travaux géodésiques nécessaires pourarriver à ia production d’une carte topographique analogue à cellesde l’Europe occidentale. Les divers noms que reçut l’île dans les pre-mières années de la découverte, Juana, Eernandina, Santiago, Ave-MariaAlfa y Oméga, ont été oubliés, et l’appellation indigène de Cubanacan,qui appartenait seulement à une partie de la région centrale dans ledistrict actuel des « Cinq Villes' », persiste, sous la forme espagnolede Cuba , longtemps francisée par les flibustiers sous le nom d’île deCouve ou Coube. De même la plupart des anciennes dénominations dedistricts et de provinces se sont maintenues dans la' nomenclature géogra-phique de la contrée et rappellent les populations primitives aujourd’huidisparues.

La forme de Cuba est unique parmi celles des îles américaines : lesgéographes espagnols l’ont fréquemment comparée à une « langue d’oiseau ».DelapointedeMaisi au cap San-Antonio, elle décrit une courbe de 1450 kilo-mètres, non compris les mille indentations du rivage tournant sa convexitévers le nord, tandis que sa largeur moyenne ne dépasse pas cent kilomè-tres. Mais le fait caractéristique de sa géographie est le contraste de sescôtes : l’une, que l’ou pourrait appeler la côte fondamentale, celle qui sedirige de l’est à l’ouest, de la pointe de Maisi au cap de Cruz et que domineen partie la Sierra Maestra, l’ossature de l’île; l’autre qui comprend tout lereste du littoral, au nord et au sud, et qui offre dans son ensemble uncaractère changeant et indéterminé par ses chaînes de récifs, ses bas-fondscôtiers, ses îles et ses îlots. La côte fondamentale se distingue par son axerectiligne, et son prolongement va former en mer les îles de Cayman , puisla série des bancs Misteriosa et tout un seuil profond entre les deux fossesde Bartlett, au sud, et du Yucatan , au nord : même la chaîne principale du

1 Pichardo, Ramon de la Sagra, Fr. Coello, Justo Zaragoza, etc.