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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

élégant d’El Cerro, où passe l’aquedac de l’Almendares, se 'succèdent lesvilles de Santiago, Bejucal, San-Antonio. Le centre agricole des campagnesdu sud est la cité de los Guines, bâtie à l’issue d’une vallée d’où sort le rioMayabequc pour s’épancher dans les marais du littoral. Quant à la bour-gade côtière de Batabano, située directement au sud de la Havane et dontle petit port ou mnjidero peut être considéré comme l’annexe du havre dela capitale, à laquelle le rattache un chemin de fer, on s’étonne de sa faibleimportance: si les eaux de ces parages étaient suffisamment profondes, nuldoute que le commerce de la Havane avec les républiques hispano-améri-caines du sud ne prît cette voie, qui dispense de la circumnavigation ducap San-Antonio. Des ingénieurs ont souvent proposé de creuser un canalde navigation entre la Havane et Batabano, mais les premiers projets neprévoyaient qu’une voie navigable étroite et coupée par des écluses, et lecommerce actuel ne pourrait se contenter de semblables travaux. D’aprèsla tradition locale, que rapporte llumboldt, les plages voisines sont graduel-lement envahies par les eaux de la mer et « le fond baisse », disent lesmarins. En face de Batabano, l’ile des Pins n’est peuplée que depuis lesdernières années du dix-huitième siècle; en 1828 on y fonda une coloniemilitaire pour défendre au sud la position de la Havane.

Matanzas, la deuxième ville et cité commerçante de Cuba , occupe uneposition analogue à celle de la Havane, sur les bords d’une baie profondede la côte septentrionale : une forteresse défend aussi l’entrée du port. Laville, dont le nom, « les Tueries », remplaçant l’appellation officielle deSan-Cârlos Àlcazar, rappelle un massacre d’Duliens, n’est pas une des citésanciennes de Cuba . Au seizième siècle, les habitants de la Havane y possé-daient des porcheries et des plantations de manioc 1 , mais le bourg ne futbâti qu’en 1695, sur la pointe de terre de Yucayo, située à l’extrémité dela baie entre les deux rivières de Yumuri et de San-Juan. Matanzas a debeaucoup dépassé les limites de la péninsule pour former, sur la rivegauche du Yumuri, le faubourg élégant de Versailles (Versalles ), et à l’est,par delà le San-Juan, les quartiers industriels de Pueblo Nuevo, où setrouvent les entrepôts et la gare principale. Sur la grande place de Matan-zas a été fusillé en 1844 le poète Placido, accusé d’avoir voulu souleverles noirs. La ville est dominée au nord par le chaînon de la Cumbre, quicommande le panorama grandiose de la ville et du port.

La région qui s’étend au sud et à l’est de Matanzas vers Cardenas est laplus fertile de Cuba et possède les sucreries et les raffineries les plus impor-

Bernal Diaz , ouvrage cité.