MONTAGNES DE SAINT-DOMINGUE. 735
n’est d’abord, dans Ja partie étroite, jusqu’au nord de Sanlo-Domingo,qu’une longue croupe ravinée par les eaux courantes et n’ayant nullepart plus de 300 mètres en hauteur. Mais vers le milieu de l’île, le reliers’accroît et s’élargit, puis se divise en deux branches, oll'rant ainsi dans saforme comme un rudiment des contours généraux du corps insulaire. l)eces deux rameaux, le plus fort est celui qui se dirige vers le nord-ouest etdont le prolongement, par delà le canal du Veut, est le croissant de Cuba .Cet axe majeur du système orographique d’IIaïti, l’ossature centrale, estl’ensemble de crêtes et de sommets qui a reçu des anciens Haïtiens lenom de Cibao, c’est-à-dire la « Roche » ou le « Mont » par excellence. Lahauteur moyenne de l’arête médiane dépasse "2000 mètres, et quelquescimes aigues, Enlre-los-Rios, Gallo, Jicome, atteignent 2500 mètres; maisce ne sont pas les points les plus élevés de l’ile.
Les deux sommets dominateurs sont en dehors de l’axe du Cibao. Leplus rapproché est le pico de Yaqui : on le désigne souvent sous le nomde Rucillo, le « Cris », en raison de l’écharpe de nuages qui d’ordinaires’enroule autour de la cime. Le géologue Gabb essaya en vain de gravir cellemontagne, le lacis des fougères enchevêtrées l’empêcha de dépasser l’alti-tude de 1670 mètres. Beaucoup plus au sud et s’avançant en promontoireen dehors de la chaîne est l’autre piton culminant, Loma Tina, montagneà très longue pente coupée abruptement du côté opposé. Les gens de lacontrée disent de la Loma Tina qu’elle est ingravissahle comme le Yaqui :lianes et fougères ferment tous les intervalles entre les troncs d’arbres,et l’on ne peut se frayer une voie qu’à coups de manchette, en rampant surles mains et les genoux au risque d’être aveuglé à chaque pas 1 . Leschitfres d’altitude que les géographes assignent à ces deux principaux som-mets sont contradictoires : il est probable que leur hauteur est d'environ5000 mètres et que le Yaqui, le pic le plus central, est aussi le plus élevé.Quant à l’extrémité nord-occidentale de la chaîne de Cibao, elle est inter-rompue par de larges brèches et se ramifie en divers chaînons à droite età gauche de la rangée de collines qui s’avance en mer par le Môle Saint-Nicolas, long rempart à surface horizontale ressemblant en effet à un môleénorme. La fameuse île à la Tortue est aussi parcourue dans sa longueurpar une saillie dorsale, orientée dans le même sens que la chaîne de lagrande terre voisine.
Le rameau des montagnes qui se détache de Taxe du Cibao vers le mi-lieu de l’ile est si complètement interrompu par le large bassin de la