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fortes que dans les deux Antilles occidentales, et les calcaires caverneuxoù disparaissent les courants d’eau sont beaucoup plus rares dans cette îlequ’à la Jamaïque . Toutes les contrées haïtiennes ont leurs ruisseaux ou leursrivières, et l’irrigation pourrait transformer le territoire entier en jardinspour nourrir des millions d’hommes. L’arête médiane du Cibao, autourde laquelle se pressent les nuages apportés par le vent alizé, verse le plusd’eaux courantes, et parmi ces montagnes le piton du Yaqui est, grâceà sa hauteur et à son isolement relatif, le centre principal du système hy-drographique d’Haïti . Deux fleuves descendent de ses pentes, le Yaqui dunord ou Yaqui Grande, cours d’eau le plus abondant du versant septen-trional, mais s’unissant à la mer par des bouches errantes, dans une plained’alluvions, et le Xeyba ou Yaqui Chico, qui de toutes les rivières du ver-sant méridional a le plus fort courant. Ine des branches maîtressesde l’Artibonite, l’Alibonico des Indiens, fleuve majeur de l’occident et enmême temps de l'ile entière, vient aussi des montagnes du Cibao : lorsquece cours d’eau a reçu tous les affluents que lui envoient les hauteurs etpénètre dans le territoire de la république d’Haïti , il est déjà fleuve, etmême à quelque distance de son embouchure son Ilot porte bateau. Surle versant occidental de l’ile, le courant fluvial dont le bassin est le plusvaste est la Yuna, tributaire de la baie de Samanâ, dont les alluvions ga-gnent peu à peu sur les eaux peu profondes. La plaine qu’arrose la Lima ne forme qu’une seule et même dépression avec celle dans laquelleserpentent les eaux du Yaqui Grande; de part et d’autre les montagnesla limitent régulièrement comme deux remparts, et le seuil indécis departage entre les versants n’atteint même pas ‘200 mètres au-dessus de lamer. C’est la campagne magnifique à laquelle Colomb donne le nom deYega Real.
Parmi les rivières secondaires d’Haïti l’une des plus abondantes estl’Ozama, qui réunit la ramure de tous ses affluents à une petite distance enamont de Santo-Domingo , la capitale de la ré^ J espagnole : un de
ces tributaires, paraît-il, est un des rares cours d’eau souterrains d’IIaïti,le rio Brujuelas ou « des Sorcières», qui, après avoir coulé à l’air librejusqu’à une vingtaine de kilomètres de la mer, s'engouffre tout à coupdans un entonnoir, arrêté par un long rocher en forme d’ourlet bordantle littoral calcaire'. De petits lacs épars dans la plaine sont formés par leseaux de pluie qui ne trouvent point d’issue. La région tout entière quis’étend à l’est de Santo-Domingo jusqu’à la pointe orientale semble avoir
1 Stuart, Journal of the R. Geographical Society, 1878.
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