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niale qui a le plus de valeur dans l’agriculture d’Haïti est le café. J.a pro-duction de cette baie n’est peut-être pas aussi considérable en moyennequ’elle le fut aux temps de la prospérité des planteurs français , mais elledépasse de beaucoup les récoltes des années qui suivirent la guerre del’Indépendance 1 . Les voyageurs blancs qui croient se donner une certainesupériorité en dénigrant les nègres d’Haïti ont souvent répété que les pay-sans se bornent à ramasser les baies qui tombent des arbustes plantésà l’époque de l’esclavage. C’est là une erreur grossière. Depuis le siècledernier les plants se sont renouvelés au moins trois fois 2 3 , et ce n’est passans travail (pie les rejetons d’anciens arbustes sont aménagés en cafè-teries régulières. Lors de la guerre de Sécession, les Haïtiens surentaussi se mettre à l’œuvre pour planter le cotonnier en abondance, et leursrécoltes en colon s’accrurent rapidement, jusqu'à l'époque où l’industriereprit aux Etats-Unis et rendit de nouveau toute concurrence impossible. Laculture du cacao a fait de grands progrès en Haïti , et la cueillette annuellede cette denrée est au moins quadruple de ce qu’elle était sous le régimecolonial. Le tabac est aussi au nombre des produits que l’on obtient enquantités croissantes". Les récoltes en fruits et en vivres se sont égalementaccrues en proportions considérables. L’acajou et les bois de teinture, sur-tout le campècbe, dont les premiers plants furent introduits dans l’ile enI7Ô0, près du Môle Saint-Nicolas 4 , sont parmi les objets d’exportation quiont le plus de valeur 5 .
L’ensemble du commerce a singulièrement déclin pendant la guerred’émancipation et ne représente plus guère que le dixième de l’importancequ’il eut avant la révolution. C’est qu’en Haïti, comme à la Jamaïque ,le travail était jadis appliqué en entier à la production de denrées à expor-ter, tandis qu’actuellemenl il s’emploie surtout à obtenir des vivres pournue population double. Le système de monopole au prolit des planteurs etdes traitants était tel que le commerce de Saint-Domingue avec la France représentait alors les deux tiers de l’ensemble des échanges de la métro-pole". Un régime aussi anormal, auquel tout était sacrifié, ne saurait être
1 Production du café on Haïti à diverses époques:
1789 (régime français ).-15 000 000 kilogrammes.
1888 . 50 000 000 »
s Spencer Saint-John , Hayti or the Black Republic, Irad. par J. West.
3 Production annuelle du tabac dans l’ensemble de l'ile : 1 million de kilogrammes.
4 Moreau de Saint-.Méry, ouvrage cité.
5 Exportation dubois de campècbe en 1888 : 105 500 tonnes.
8 Exportation de Saint-Domingue en 1789 :
205570067 livres coloniales (environ 155580000 francs).