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Livre XVII. Indes occidentales.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

(leur, bassin presque circulaire ouvert au sud de l’ile, d'entrée et de sortiefaciles, et bien défendu contre les alizés par une langue de terre et unîlot : pourtant les ouragans ont pu tournoyer dans cet amphithéâtre,comme ils l’ont fait aussi dans le port de la Havane, et en 1819 tous lesnavires qui se trouvaient dans la rade, à l’exception de cinq, furent jetésà la côte : la jdage fut recouverte de cadavres et de débris. Kn 1837 et en1867, l’ilc et le port furent également dévastés.

La vapeur a changé le régime commercial des Antilles . Les paquebots àitinéraires réguliers qui s’arrêtent d’ile en île, soit avec le vent, soit contrele vent, portent directement les marchandises aux consommateurs : un en-trepôt général des Antilles n’est plus nécessaire, et par conséquent Saint-Thomas a perdu son monopole. Cependant le port, désigné officiellementsous le nom de Charlotte-Amalia, est toujours fréquenté : les habitudesprises ont maintenu à la ville un certain rôle d’entrepôt 1 ; environ douzemille habitants y sont réunis. On parle toutes les langues à Saint-Thomas,l’anglais surtout, l’espagnol, le danois, le hollandais, le français : l’anciendialecte créole, qui possède toute une littérature religieuse 2 , a presque en-tièrement disparu. Des émigrants protestants du midi de la France , arrivésde Hollande après la révocation de l’Edit de Nantes , habitaient jadis lequartier de Brandebourg, en dehors de la ville". La rue marchande longela rive sur un développement de deux kilomètres et demi, et les construc-tions s’élèvent eu ang ’ ’ ’ éàtre sur les pentes de la montagne porphyrique;des villas sont éparses sur les mornes et dans les ravins ombragés. Dupoint culminant de l’ile (474 mètres) on voit à la fois les deux mers etles îles arides, avec quelques combes verdoyantes, et les blancs récifs seprolongeant au loin dans la mer bleue, parsemée de voiles. Dans les pre-mières années de la décadence commerciale, le gouvernement danois offritaux Etats-Unis de lui vendre Saint-Thomas et Saint-Jean moyennant unesomme de 5 millions de piastres, et la population, consultée, donna sonadhésion unanime. Cependant la république déclina l’offre, trop onéreuse,qui lui était faite*. Ch. Sainte-Claire Deville est né à Saint-Thomas.

L’ile Saint-Jean (Sant-Ian), qui fait suite à Saint-Thomas du côté del’est, ne se trouve point, comme sa voisine, sur le chemin des Bottes, etson port oriental, la baie de Coral, que l’on dit être le meilleur havre de

1 Importations de Saint-Thoinas en 1889 : 5 630000 francs.

2 Hermann E. Ludewig, The Literature of American Aboriyine Lanyuages.

3 Labat , Nouveau Voyage aux Isles de l'Amérique.

* Budget de Saint-Thomas en 1889 :

Recettes. 670 000 francs.

Dépenses.. 943 550 i>