SAINTE-CROIX, TORTOLA
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afin de pouvoir évangéliser leurs camarades. L’émancipalion des noirs nefut proclamée qu’en 1848; dès l’année précédente les enfants naissaientlibres. Mais les affranchis se plaignent que les terres promises ne leur aientpas été données; plus d’une fois, des insurrections partielles ont eu lieu,réprimées avec rigueur : en 1878, la ville de Frcderikslæd, bâtie sur lacôte occidentale dans un bosquet de cocotiers, fut incendiée par les nègresrévoltés. Dans ces dernières années l’émigration a été très considérable :en une seule décade, de 187 1 à 1881, Sainte-Croix a perdu près d’un cin-quième de sa population; cette émigration, due à l’appauvrissement deSaint-Thomas et à l’amoindrissement de la valeur des denrées agricoles,explique en partie la forte supériorité numérique des femmes sur leshommes dans les îles danoises.
Le gouverneur réside alternativement à Sainte-Croix et à Saint-Thomas pendant six mois de l’année '.
Tortola, la plus grande des îles Vierges anglaises, se développe en crois-sant au nord-est de Saint-Jean. C’est une terre haute, beaucoup moins petiteet moins bien cultivée que Sainte-Croix : son pic le plus élevé dépasse540 mètres en altitude, et la crête se prolonge d’une extrémité de l’île àl’autre. Une courbe d’îlots et de récifs, commençant au nord de Tortola parl’ile de José Van Dyck, va rejoindre Saint-Thomas; une autre barrière sereploie de Saint-Jean vers Yirgen Gorda, enfermant avec Tortola une avenuemarine, vaste rade aux eaux tranquilles : le nom qu’on donne ordinaire-ment à cette mer intérieure est celui de « rue des Vierges ». En voguantdans cet espace presque fermé, loin de la grande houle de l’Océan, on voitde distance en distance entre les falaises des îles la perspective de la merlointaine et la ligne tumultueuse des brisants. Après avoir été un repairede pirates, Tortola eut jadis parmi ses propriétaires un certain nombre dequakers qui émancipèrent leurs esclaves et leur donnèrent des terrains deculture, mais ils n’eurent point d’imitateurs, et, lorsque la servitude futabolie, les nègres affranchis des plantations abandonnèrent l’ile en foulepour Saint-Thomas et d’autres Antilles . Les blancs ruinés partirent aussi :de onze mille habitants, la population tomba bientôt à moins de quatre mille.Le chef-lieu de l’île est Road-tovvn, au bord d’une crique de la « rue desVierges » : son industrie est la culture des ananas.
A l’est se prolonge Yirgen Gorda ou la « Grosse Vierge », appelée par