NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
S16
des sables leur solide fdet de mailles vertes; des lataniers croissent sur lapente des dunes la moins exposée au vent. La caye la plus considérable dubanc, celle qui lui a valu son nom, Salt-cay, est ainsi désignée d’après unelagune dont l’eau est saturée de sel ; une petite algue qui foisonne danscette mare lui donne une teinte légèrement orangée et s’entasse sur lesbords en couches épaisses qui ressemblent à de la chair corrompue et enrépandent rôdeur.
Formée comme le Yucatan de calcaires coralligènes fissurés, aux grottesnombreuses, la partie émergée du banc de Baliama n’a point de fontainesjaillissantes ni de ruisseaux d’eau vive : Andros est la seule des îles quipossède de petites rivières ou plutôt des coulées marécageuses ; à maréehaute, elle se trouve partagée en trois îles distinctes 1 * . De même que dansla péninsule yucatèque, les eaux de pluie emplissent des réservoirs cachés,mais la proximité de la mer laisse pénétrer en maints endroits le flotsalé dans ces grottes lacustres. En quelques-unes des îles, tous les puitssont des « puits à marécage », dans lesquels l’eau de mer pénètre à l’heuredu flux, soulevant l’eau douce plus légère, puis reflue vers la plage àmarée basse : les ménagères ont soin de n’emplir leurs cruches quependant la durée du reflux*. Avant que les colons eussent creusé despuits, ils trouvaient cependant de l’eau en suffisance pour étancher leursoif, grâce à une plante de la famille du gui (viscum caryophylloides),qui croît sur les branches de plusieurs espèces d’arbres : les gouttelettesde pluie restent dans les interstices de ce gui, que l’on presse comme uneéponge pour en retirer le liquide 3 4 .
Malgré la sécheresse apparente des terrains calcaires, à peine revêtusd’une couche d’humus, les Lucayes ont une végétation fort riche : despluies, dont l'abondance annuelle dépasse 1 mètre dans les îles du nord*,l’air humide et le sous-sol fournissent aux plantes toute l’eau nécessaire :pour se faire des jardins, les nègres brisent la roche superficielle à coupsde barre et la réduisent en une poussière fine : c’est le sol végétal. Lesgrandes îles, surtout Andros, ont de vastes forêts, composées des mêmesarbres que celles d’IIaïti et de Cuba . I/acajou était une des essences com-munes à l'époque où commenta la colonisation ; Nassau est l’endroit le plusméridional où prospère la pilch-pine ou « pin à goudron » des Etats-Unis .Par sa faune terrestre, le groupe des Baliama ne diffère point de Cuba , si