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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
se montrent presque complètement couvertes d’une forêt sombre de« cèdres » (juniperus barbadensis), d’origine micro antilienne, qu’accompagne toujours une verbénacée ( lantana odorata), provenant égale-ment des Antilles : elle a remplacé des graminées indigènes. Les roches,dépourvues de terre végétale, se revêtent d’une herbe ( stenotaphrum ame-ricanum) des Bahama; des palétuviers bordent les rivages comme àEuba et au Mexique , et le seul arbre de la famille des palmiers qui soitdevenu une plante libre des Bermudes est le palmelto sabal de la Floride .Tous les autres palmiers sont des arbres exotiques, même ces magni-fiques oreodoxa qui bordent certaines avenues autour de la capitale et queles Bermudicns montrent avec orgueil. Les dattiers, les cocotiers sontparmi les espèces cultivées des Bermudes , mais il est rare que les fruitsen arrivent à maturité. Dans l’ensemble, la végétation bcrmudienne,croissant sur un sol calcaire où l’eau disparaît rapidement, n’a rien decette exubérance tropicale que certains voyageurs se sont plu à y voir, etles arbres les plus communs de la flore tempérée d’Europe manquent dansles forêts. L’aspect général des bois est monotone et rappelle celui despinaies du nord; mais, dans la saison des pluies, on se croirait en Si-cile , à la vue des bouquets de Heurs roses que portent les oléandresacclimatés.
La faune endémique des Bermudes ne comprend point de mammitères :rats et souris sont tous d’origine européenne et les chauves-souris de pro-venance nord-américaine ou antilienne. Quant aux autres espèces animales,elles appartiennent à Faire zoographique de l’Amérique du Nord . De188 oiseaux, tous, à l’exception de trois, qui appartiennent à l’AncienMonde, font partie de l’avi-faune du continent voisin. Le seul reptile ber-mudien est aussi une forme nord-américaine . Même dans les classes infé-rieures d’animaux, les Bermudes sont d’une extrême pauvreté en espècesindigènes. Les bouquets de raisins des tropiques apportés par le flot intro-duisent en même temps les représentants de la faune marine des Antilles :de 170 mollusques, les Bermudes n’en ont qu’une douzaine leur appartenanten propre. DesÜ0 mollusques terrestres, plus delà moitié sont aussi des es-pèces qui se retrouvent dans les Lucayes et autres îles des Indes Occidentales .
Lors de la découverte des îles, elles étaient inhabitées. La populationactuelle, qui se compose pour les trois cinquièmes d’Africains purs ou
A. Grisebach, Behm's Geographisclies Jahrbuch, 1874.