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croisées n’onl point déchu : les créoles de sang: mêlé, notamment les Mar-linicais et les Dominicains , sont les plus beaux des Antiliens'. Et quellesouplesse de corps, quelle grâce de mouvements, quelle vivacité du regard,quel charme du sourire ! Malgré leur entrée tardive dans le monde de lacivilisation moderne, les créoles de couleur ont su prendre aussi une largepart au travail de l’art et de la pensée, aux mouvements sociaux et politi-ques de l’évolution contemporaine.
Privés de leurs esclaves par les lois des métropoles respectives, les plan-teurs firent prolonger la servitude sous des formes mitigées, afin de garderleurs travailleurs, sinon comme serfs, du moins comme « apprentis « ;mais cette période intermédiaire prit (in à son tour, et les ci-devant esclavesdevinrent soit des ouvriers salariés, soit même des cultivateurs libres. Lesgrands propriétaires remplacèrent d’abord ces affranchis par des noirs « en-gagés » qu’ils importaient d’Afrique , mais c’était là une traite déguiséequi, en mainte occasion, ne différait guère de l’ancienne, et que l’opi-nion publique, dans les îles et dans la mère patrie, finit par interdire. Aulieu de nègres, on fit alors venir des Hindous, pour la plupart sujetsbritanniques, et comme tels, protégés spécialement par le gouvernement dol’Angleterre. Aussi les clauses stipulées en faveur des engagés ou coulis del’Inde ont-elles été beaucoup mieux respectées que les conditions régléesjadis avec les noirs : un « protecteur » spécial est chargé de représenterles intérêts des engagés et les visite au moins une fois tous les trois moispour entendre les doléances,' s’il y a lieu; enfin, le temps de servicen’est point dépassé et les rapatriements se font aux époques fixées. Lesimportations ont notablement diminué et des années se passent sans quede nouveaux immigrants de l’Inde débarquent dans les Petites Antilles : déjàla population locale est assez dense et le classement des habitants par ordrede travaux s’est assez bien fait pour que les propriétaires aient pu main-tenir la culture dans leurs domaines sans appeler des étrangers. Lescoulis hindous qui continuent d’habiter le pays, environ quarante mille,se livrent pour la plupart au petit commerce, et ne se fondent que trèslentement avec le reste de la population : d’ailleurs ils sont encoredépourvus de toute nationalité régulière. Ils sont encore énumérés à partdans les recensements, preuve que l’on voit toujours en eux des étrangers;mais il est certain que peu à peu ils finiront, comme tous les autreséléments ethniques des Antilles , par entrer dans le même torrent circu-latoire.