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Livre XVII. Indes occidentales.
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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

n’ont d’eau que dans leurs citernes: celle des pluies disparait sous lacendre des volcans.

Saint-Ëustache et Saba font partie du gouvernement de Curaçao , l’unedes îles hollandaises de la côte du Venezuela .

SAINT-CHRISTOPHE ET SEVIS.

I/ile Saint-Christophe, Sainl-Kitts de ses possesseurs anglais , fut décou-verte en 1495 par Christophe Colomb , et le grand navigateur, qui la voyaites la Désirade, la Dominique, la Guadeloupe, Antigua , la trouvasi belle qu’il voulut y attachera jamais son prénom : c’est la seule des An-tilles qui rappelle directement ses découvertes. Les Caraïbes l’appelaientLiamniga ou la « Fertile », mais pour eux cette fécondité même du solfut une cause de ruine : Warner et ses compagnons anglais , qui débar-quèrent à Saint-Christophe, en 1625, et les aventuriers français , conduitspar le Normand d’Esnamlmc, qui vinrent deux années après, et non le mêmejour, comme on le répète d’ordinaire, se liguèrent contre les premiersoccupants, les pourchassèrent et, après les avoir refoulés dans l’intérieur,Unirent par les exterminer complètement: il n’en Leste plus dans l’îlequ’une « pierre écrite » dont les inscriptions n’ont point été déchiffrées.

Pour les Anglais et pour les Français , Saint-Christophe est également lamother colomj ou « mère des Antilles » : c’est là que se fondèrent leurspremiers établissements dans la chaîne micro-antilienne et de là que le peu-plement se fit d’ile en île dans la direction du sud. Dès les premièresannées, les colons des deux nations se partagèrent Saint-Christophe,mais d’une manière bizarre, les Anglais occupant le milieu, la partie mas-sive de l’île, tandis que les Français prenaient les deux extrémités, la Ca-besterre et la Basseterre; mais les salines, quoiqu’en territoire français ,étaient communes aux deux nations, et les Français pouvaient s’approvi-sionner de soufre dans le volcan, situé en terre anglaise . Les possessionsrespectives étaient limitées par des haies de cactus, barrières plus efficacesque ne l’eussent été des palissades ou des remparts. Troublés en 1629par les Espagnols dans la tranquille jouissance de leur domaine, les colonsparvinrent bientôt à les expulser et vécurent en paix à côté les uns desautres, jusqu’au moment où leurs gouvernements se disputèrent la domi-nation dans toutes les Petites Antilles . Saint-Christophe fut prise et re-prise, puis finalement cédée à la Grande-Bretagne par le traité de Ver-sailles en 1785 : dans l’ancienne moitié française de File les noms de lieurappellent la langue de ceux qui l’habitaient.