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jusqu'en 1665, époque à laquelle d’Esnambuc s’en empara au nom de laFrance . Elle passa successivement aux mains de plusieurs compagnies etne fui annexée directement au domaine de l’Etat qu’en 1675. Bientôt lesGaraïbes eurent été exterminés ou transportés et il n’en resta qu’un petitnombre dans les forêts de l’intérieur : leur place fut prise par les noirscpii travaillaient dans les plantations à la culture du tabac ou « petun « età celle de la canne à sucre. Des Hollandais, chassés du Brésil par les Por-tugais , s’établirent dans Pile avec leurs esclaves et y fondèrent, les pre-mières sucreries. Dans la première moitié du dix-lmitième siècle, le cafier,apporté du Jardin des Plantes par Deselieux, trouva un excellent milieusous le climat des Antilles, et les « messieurs » de la Martinique s’en-richirent extraordinairement par la vente des denrées coloniales, malgréles guerres avec la Grande-Bretagne; d’ailleurs les propriétaires de l’îleajoutaient volontiers à leurs revenus les produits de la course.
Prise en 1794 par les Anglais, la Martinique ne réussit pas comme laGuadeloupe à ressaisir son indépendance avec l’aide des noirs affranchis,et jusqu’en 1816, époque à laquelle la France en reprit définitivementpossession, le sort de l’île fut réglé uniquement par les traités. Cependantles esclaves, de beaucoup supérieurs en nombre à leurs maîtres et n’igno-rant point les événements de Saint-Domingue , avaient plus d’une foisconspiré contre les blancs, et même, en 1851, après une révolution de lamétropole qui leur avait fait espérer l’affranchissement, ils s’étaient mis enrévolte ouverte. Le péril fut grand : aussi, pour le conjurer, dut-on avoirrecours aux affranchissements. Plus de trois mille esclaves furent libérés,et, bientôt après, les droits politiques furent accordés à tous les hommesde condition libre, sans distinction de couleur; des centaines de noirsavaient déserté l’île pour se réfugier dans la Dominique et à Sainte-Lucie ,îles anglaises où l’émancipation avait été proclamée'. En 1858 on comp-tait plus de 19 000 nègres libres à la Martinique , tandis qu’il n’y en avaitpas même 10 000 à la Guadeloupe . En 1855, cinq ans après l’abolition del’esclavage, commença l’importation des coulis hindous, qui remplacèrenten un grand nombre de plantations les nègres, devenus petits proprié-taires. Maintenant la traite des jaunes est abolie à la Martinique comme lefut celle de's noirs, en vertu du principe que « le travail libre doit existerdans un pays libre ».
La capitale de Pile est Fort-de-France , jadis connue sous le nom deFort-Royal . Elle est admirablement située sur la rive septentrionale de la