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Livre XVII. Indes occidentales.
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SAINT-VINCENT.

8'Jl

vernesde la Soufrière , entre autres l« oiseau si filant » (sibilans mya (lestes).

Saint-Vincent fut laissée pendant, tout le seizième siècle à ses premierspossesseurs les Caraïbes ; pendant le siècle suivant, Anglais et Français sedisputèrent file, mais sans y faire détablissements sérieux, et même en1060, à la suite de guerres contre les indigènes qui avaient en lieu dans laplupart des Antilles , anglaises et françaises, il fut décidé que les îles deSaint-Vincent et de la Dominique resteraient la propriété exclusive desnaturels et que l'entrée en serait désormais interdite aux colons français ouanglais : seuls les prêtres français pouvaient, « à leurs frais et dépens », ymaintenir les missions 1 2 . Mais les clauses du traité ne furent point observées,et en 1705, lorsque File de Saint-Vincent fut cédée définitivement à lAngle-terre et que des colons britanniques établirent des plantations sur le littoral,les Caraïbes se jetèrent sur les nouveaux venus. La guerre dura dix années, etreprit en 1778, puis durant la Révolution française : par baine des Anglais qui voulaient semparer de leurs terres, les sauvages étaient devenus lesalliés de la France . Dailleurs ils avaient dautant plus à craindre les plan-leurs quils nétaient plus tous Caraïbes « rouges », cest-à-dire de racepure, et par conséquent soustraits par la coutume aux tentatives dasser-vissement; la plupart, entre autres ceux de la Cabesterre, étaient desCaraïbes « noirs », cest-à-dire les descendants de nègres marrons et defemmes indigènes; on dit même que cinq cents de leurs ancêtres étaientdes nègres de Guinée échappés dun bâtiment naufragé sur les côtes deSaint-Vincent : ils avaient donc à redouter de perdre la liberté en mêmetemps que la possession du sol. Aussi les Caraïbes noirs luttèrent-ils aveclénergie du désespoir contre les forces anglaises, mais en 1790 ils furentobligés de se rendre à discrétion, et lannée suivante ils furent presquetous, au nombre de 5080, transportés dans file île Roatan, sur la côte duHonduras : il nen reste quun peu moins de deux cents, très appréciés parles colons comme bateliers et arrimeurs : ils nont dailleurs rien de laférocité que lon attribuait, sans doute injustement, à leurs aïeux. Quelquesrochers de leur district sont couverts de dessins grossiers 5 .

Les planteurs de Saint-Vincent senrichirent bientôt par la culture de lacanne à sucre, mais après lémancipation des esclaves les travailleurs leurmanquèrent soudain et sen allèrent cultiver à leur profit les terres inoccu-pées de lintérieur. La plupart des anciennes plantations sont abandonnées;et les propriétaires anglais ont presque tous quitté le pays. La principale

1 Adrien Dcssalles, Histoire générale des Antilles .

2 Ober, ouvrage cité.