NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
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coté de 1” ' , exhaussement sur le littoral du Pacifique, le continent
tout entier a cheminé de l’est à l’ouest; il s’est éloigné de l’Europe etrapproché de l’Australasie.
III
Aussi bien que la parure végétale du continent, la nature du sol et lal'orme du relief sont en grande partie l’œuvre du climat par l’intermé-diaire des vents, des eaux pluviales et des fleuves qu’elles alimentent.C’est ainsi que l’Orénoque s’est ouvert une brèche entre les monts de lachaîne côtière et les massifs de la Guyane ; de la même manière le courantdes Amazones a rasé les obstacles de son cours pour couper en deux toutle système des monts orientaux, et, dans la partie centrale du continent,les eaux, divergeant en des directions opposées, ont déblayé tous les chaî-nons qui rattachaient les Andes aux monts brésiliens. N’est-ce pas aussiun effet du climat que le rétrécissement et l’abaissement graduel de lacordillère andine vers la partie de la chaîne où viennent alternativementfrapper les vents alizés du nord-est et du sud-est, apportant l’un et l’autredes pluies abondantes qui ravinent les roches et entraînent les débris? Lesarêtes de montagnes qui se développaient parallèlement à la chaîne maî-tresse ont disparu; les assises géologiques dont on voit les amorces aunord et au sud de la brèche, ont été détruites et remplacées par desterrains de transport plus récents entourant çà et là des buttes isolées;que le travail d’érosion continue, et la cordillère sera percée complètement,les plaines amazoniennes ne seront plus séparées du golfe de Guayaquil que par un faible seuil. Si les Andes sont réduites en cet endroit à unpédoncule, par l’effet des averses destructrices, en Bolivie elles se sont aucontraire maintenues dans toute leur ampleur, grâce à la déviation desvents, qui dans cette région hésitent dans leur direction et se portent lesuns vers le nord, les autres vers le sud, ne laissant tomber dans leurcourse qu’une faible quantité de neige et de pluie. Plus au sud, unnouveau contraste coïncide avec un changement dans les mouvementsaériens et la précipitation des pluies : la chaîne est réduite à une seulearête ou n’a plus que de petits chaînons parallèles; elle est coupée decols profondément éehancrés et finit même par être entièrement rompue;le détroit de Magellan la traverse de part en part. Mais là les vents océa-niques apportent d’abondantes averses; c’est l’eau qui a sculpté, creusé,déblayé les montagnes. Jadis, lorsque les glaces emplissaient les vallées dulittoral, elles travaillaient aussi au modelage de la côte, en empêchant